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LA MÉTHODE STATISTIQUE EN MÉDECINE
raisons éthiques ou autres, la méthode rigoureuse n’est pas possible, il reste
utile de savoir en quoi et dans quelle mesure“ des méthodes moins rigoureuses sont
critiquables.
Solution générale
_
‘
Les deux exemples précédents montrent comment doit être eectuée ;an
comparaison de 2 groupes pour un caractère donné (comparaison de pourcentages pour un caractère qualitatif à 2 classes, comparaison de moyennes
pour un caractère quantitatif) :
—
dans un premier temps on examine si la différence est imputable aux
uctuations du hasard, ou au contraire signicative : c’est le jugement de signication ou test de signication;
——
dans un deuxième temps, seulement si la différence est signicative, on
_
cherche à l’interpréter. Un cas fréquent et particulièrement intéressantest celui
où on vise à l’interprétation causale. Celle-ci n’est possible en toute rigueur
:
que si les 2 groupes sont, à. part le caractère étudié, strictement comparables.
S’il s’agit de groupes constitués spontanément, ce qui est le cas dans une enquête
d’observation, il est à présumer que la clause de comparabilité n’est pas véri—
ée; on peut certes essayer de constituer a posteriori, à l’intérieur des groupes,
des séries comparables, mais cette méthode est délicate et peu sûre; au contraire,
dans le cas d’une expérimentation, le chercheur a la possibilité de constituer
les groupes a priori, et il pourra assurer leur comparabilité en utilisant le tirage
au
sort (encore appelé randomisation, du mot anglais random).
Cependant la comparaison de 2 groupes n’est qu’un cas particulier de
l’étude de la liaison entre “2 caractères : c’est ainsi que les deux exemples pré—
sentés revenaient à examiner la liaison entre le.mode d’accouchement et son
déroulement, ou entre la nature de l’engrais et le rendement de la culture. La
liaison entre 2 caractères peut être envisagée sur un plan plus» général que la
comparaison de 2 groupes : on peut par exemple rechercher s’il existe une
liaison entre la couleur des yeux et la couleur des cheveux, entre la dose d’un
toxique et le temps de survie, etc… La démarche scientique reste la même :
imaginons qu’on observe un temps de survie plus court pour les animaux ayant
reçu des
doses élevées, on devra d’abord se demander si cette tendance est
imputable au hasard ou, au contraire, signicative. Dans ce cas seulement on
cherchera à l’interpréter; l’interprétation causale ne sera possible que si la
dose a été répartie entre les animaux en dehors de tout facteur systématique,
c’est-à—dire par une expérience comportant un tirage au sort.
Ainsi le rôle du staitisticien est double : il doit d’abord organiser l’expé—
rience ou l’enquête, ensuite analyser et interpréter les résultats. Si cette deuxième
tâche est bien connue, la première est trop souvent ignorée. Cependant l’inter—
prétation des résultats est absolument conditionnée par l’organisation de
l’expérience ou de l’enquête, et on s’expose à recueillir des données inutilisables
si le statisticien n’a pas été consulté sufsamment tôt.
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