Traîne lourde à la main dite caille
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Les appellations locales de la traîne au fond disent clairement son principe : << pêche au plomb >>, « caille >> (la pêche
qui se pratique en sondant les cailloux),
stoken >> (du celte
stok, toucher avec un choc), etc. Pour ma part, je m’en suis
toujours tenu au seul mot de « caille >>. En une brève syllabe,
'
il résume la quintessence de cette traîne. Et en l’honneur
de mon pays d’adoption, j’emploie le, mot breton « stol< >>
pour décrire le choc du plomb surle fond.
‘
l)es Flandres à la Provence, des myriades de bars, de liens
et de dentis ont été sortis àla caille, cette malheureuse ligne
de trois sous. l’insiste sur son caractère dérisoire et extraordinairement créatif. De même que la tricoteuse est capable
de varier ses créations à l’infini avec deux aiguilles et de
"
la laine, de même l’homme pêcheur multiplie les exploits
avec 50 mètres de ficelle et quelques kilos de plomb. Avec
sa misérable caille, il tient en ses mains un formidable appa—
__
reil à pêcher. Pauvre il est, imaginatif il devient.
La caille ancestrale comprenait quatre parties principales : le corps de ligne, la ligne, la pièce de dérivation qui
relie la ligne au corps de ligne, le plomb.
Jusqu’à la Première Guerre mondiale, les pêcheurs confecœud de capucin
tionnaient eux-mêmes leurs corps de ligne avec du chanvre
A/
'
cultivé dans leur jardin, roui et << teillé >> (broyé) en famille
pendant l’hiver.
.
(
E)”
ils ne lésinaient pas
sur le diamètre : un << fil de caret >>,
d’environ 8 millimètres, pour éviter la casse et ne pas entail%
Avalette
ler les doigts. Des soins attentifs étaient apportés à l’assouplissement et à la protection de ce câble généreux. Il était
d’abord étiré à terre et remorqué en mer pour le dévriller.
demi-clé
”ll était ensuite protégé contre la pourriture et le durcisse—
A//
ment par tannage, c’est-à-dire qu’il était trempé dans une
décoction d’ocre naturelle ou d’écorce de chêne (ô les merveilleuses couleurs l). Ainsi travaillé, le chanvre devenait un
Balnezœ
corps de ligne souple, malléable et rebelle aux coques, ces
Pièces de dérivation
boucles intempestives que forment spontanément les cordages neufs.
La liaison entre le corps de ligne et la ligne était assurée
soit par une baguette, soit par une plaquette.
La baguette, longue de 30 centimètres environ, appelée
balancine, baluette ou balnette, verglandier ou bois—de-pis,
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Les appellations locales de la traîne au fond disent clairement son principe : << pêche au plomb >>, « caille >> (la pêche
qui se pratique en sondant les cailloux),
stoken >> (du celte
stok, toucher avec un choc), etc. Pour ma part, je m’en suis
toujours tenu au seul mot de « caille >>. En une brève syllabe,
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il résume la quintessence de cette traîne. Et en l’honneur
de mon pays d’adoption, j’emploie le, mot breton « stol< >>
pour décrire le choc du plomb surle fond.
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l)es Flandres à la Provence, des myriades de bars, de liens
et de dentis ont été sortis àla caille, cette malheureuse ligne
de trois sous. l’insiste sur son caractère dérisoire et extraordinairement créatif. De même que la tricoteuse est capable
de varier ses créations à l’infini avec deux aiguilles et de
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la laine, de même l’homme pêcheur multiplie les exploits
avec 50 mètres de ficelle et quelques kilos de plomb. Avec
sa misérable caille, il tient en ses mains un formidable appa—
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reil à pêcher. Pauvre il est, imaginatif il devient.
La caille ancestrale comprenait quatre parties principales : le corps de ligne, la ligne, la pièce de dérivation qui
relie la ligne au corps de ligne, le plomb.
Jusqu’à la Première Guerre mondiale, les pêcheurs confecœud de capucin
tionnaient eux-mêmes leurs corps de ligne avec du chanvre
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cultivé dans leur jardin, roui et << teillé >> (broyé) en famille
pendant l’hiver.
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E)”
ils ne lésinaient pas
sur le diamètre : un << fil de caret >>,
d’environ 8 millimètres, pour éviter la casse et ne pas entail%
Avalette
ler les doigts. Des soins attentifs étaient apportés à l’assouplissement et à la protection de ce câble généreux. Il était
d’abord étiré à terre et remorqué en mer pour le dévriller.
demi-clé
”ll était ensuite protégé contre la pourriture et le durcisse—
A//
ment par tannage, c’est-à-dire qu’il était trempé dans une
décoction d’ocre naturelle ou d’écorce de chêne (ô les merveilleuses couleurs l). Ainsi travaillé, le chanvre devenait un
Balnezœ
corps de ligne souple, malléable et rebelle aux coques, ces
Pièces de dérivation
boucles intempestives que forment spontanément les cordages neufs.
La liaison entre le corps de ligne et la ligne était assurée
soit par une baguette, soit par une plaquette.
La baguette, longue de 30 centimètres environ, appelée
balancine, baluette ou balnette, verglandier ou bois—de-pis,
