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Mise au point de bons outils de pêche
Des besoins si contrastés aboutissent à la conception de Ï
matériels différenciés. D’où l’obligation de définir a priori
_
la fonction de la ligne et de ses composants avant de la
Ï
concevoir.
‘
'
‘
Le couple nesse/résistance
Il est fréquent d’entendre ou de lire cette affirmation catégorique que la finesse des lignes ne se justifie pas à la mer.
Je ne'suis pas de cet avis. J’incline à penser, au contraire,
-
que la deuxième qualité d’une ligne est d’être fine jusqu’au
point d’équilibre où la finesse réduit exagérément la résistance et la manœuvrabilité.
Autrefois, les poissons de mer pullulaient, lourds, costauds
et bagarreurs. Du fait de la lenteur des déplacements à la
voile, de la médiocre productivité des engins, ils étaient peu
pêchés. Ils mordaient avidement n’importe quoi. Cette bou—
_
limie arrangeait les pêcheurs qui disposaient de matériaux
'
rustiques dont les performances (finesse et résistance) étaient
loin d’égaler celles des. matériaux actuels. Alors, la thèse en
vigueur était de gréer des lignes grossières et solides pour
sortir le poisson à cadence élevée. La casse de la ligne était
plus redoutée qu’un improbable ralentissement des prises.
Lorsque les nouveaux matériaux sont arrivés, les marins
pêcheurs, et leurs élèves amateurs, n’ont pas modifié leurs
habitudes. Ils sont restés fidèles au « trop fort n’a jamais
manqué >>. Ils ont monté leurs bas de ligne avec des nylons
de 60, 70 et même 80/ 100. Cela ne présentait aucun incon—
vénient dans les années qui ont suivi la guerre.
La pêche
industrielle avait été interrompue pendant cinq ans. Les
fonds avaient eu le temps de se repeupler. Les stocks étaient
_
reconstitués, le poisson était pléthorique et magnifique.
Aujourd’hui il n’y a plus de poissons. Ils sont traqués par
des armadas de tueurs électroniciens. Les tailles diminuent,
signe irréfutable de l’appauvrissement des stocks : les générations sont décimées avant d’avoir eu le temps de se repro—
-
duire. Le comportement du poisson, selon la dure loi de la'
nécessité, s’est adapté à la situation. La brute inconsciente
est devenue circohspecte. A notre tour d’accepter les muta—
tions obligatoires.
Mise au point de bons outils de pêche
Des besoins si contrastés aboutissent à la conception de Ï
matériels différenciés. D’où l’obligation de définir a priori
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la fonction de la ligne et de ses composants avant de la
Ï
concevoir.
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Le couple nesse/résistance
Il est fréquent d’entendre ou de lire cette affirmation catégorique que la finesse des lignes ne se justifie pas à la mer.
Je ne'suis pas de cet avis. J’incline à penser, au contraire,
-
que la deuxième qualité d’une ligne est d’être fine jusqu’au
point d’équilibre où la finesse réduit exagérément la résistance et la manœuvrabilité.
Autrefois, les poissons de mer pullulaient, lourds, costauds
et bagarreurs. Du fait de la lenteur des déplacements à la
voile, de la médiocre productivité des engins, ils étaient peu
pêchés. Ils mordaient avidement n’importe quoi. Cette bou—
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limie arrangeait les pêcheurs qui disposaient de matériaux
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rustiques dont les performances (finesse et résistance) étaient
loin d’égaler celles des. matériaux actuels. Alors, la thèse en
vigueur était de gréer des lignes grossières et solides pour
sortir le poisson à cadence élevée. La casse de la ligne était
plus redoutée qu’un improbable ralentissement des prises.
Lorsque les nouveaux matériaux sont arrivés, les marins
pêcheurs, et leurs élèves amateurs, n’ont pas modifié leurs
habitudes. Ils sont restés fidèles au « trop fort n’a jamais
manqué >>. Ils ont monté leurs bas de ligne avec des nylons
de 60, 70 et même 80/ 100. Cela ne présentait aucun incon—
vénient dans les années qui ont suivi la guerre.
La pêche
industrielle avait été interrompue pendant cinq ans. Les
fonds avaient eu le temps de se repeupler. Les stocks étaient
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reconstitués, le poisson était pléthorique et magnifique.
Aujourd’hui il n’y a plus de poissons. Ils sont traqués par
des armadas de tueurs électroniciens. Les tailles diminuent,
signe irréfutable de l’appauvrissement des stocks : les générations sont décimées avant d’avoir eu le temps de se repro—
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duire. Le comportement du poisson, selon la dure loi de la'
nécessité, s’est adapté à la situation. La brute inconsciente
est devenue circohspecte. A notre tour d’accepter les muta—
tions obligatoires.
