Outillage adapté au comportement du poisson 55
n’excitent que son odorat. ils ne titillent pas son radar. lls
ne lui sautent pas aux yeux.
En revanche, si l’on traîne un leurre nageant avec frénésie,
il aura toutes les
qualités sauf UNE. il sera visible,
surtout si sa forme et sa couleur ont été convenablement
choisies. ll émettra des vibrations assez puissantes pour
rameuter les carnassiers et assez ressemblants pour les
<< leurrer >>, mais il sera totalement et irrémédiablement INODORE et INSIPIDE. ll n’utilisera donc pas l’extraordinaire
,
aptitude des poissons à détecter les saveurs.
‘
-
Dans ces conditions, en attendant l’apparition d’appâts
vibrants comme des leurres, ou de leurres aux exhalaisons
meurtrières, quelle stratégie retenir? rl‘ant que le pêcheur
ne connaît pas << a fond >> un territoire, « son >> territdire,
je suis d’avis qu’il a intérêt à privilégier les leurres pour
deux raisons. La première est d’ordre pratique : la pêche
des vifs prend du temps et je crois que ce temps est mieux
investi dans l’apprentissage du territoire. Le deuxième est
d’ordre stratégique : puisque la traîne est pêche de mouve—
ment et que le mouvement engendre des vibrations, il sem—
ble judicieux de miser sur l’émission de vibrations et de miser
totalement dessus. Les bons stratèges ne dispersent pas leurs
_
forces. ils les concentrent sur le point vulnérable de leurs
adversaires.
-
Le génie des inventeurs de leurres historiques, plumes et
couennes des Provençaux, barbe de mais des Basques, poisson d’étain des Normands, leur génie n’a pas été de trouver une astuce pour se. libérer de la corvée de la cueillette
et de la conservation des boëttes (boed, nourriture, en bre—
ton), leur coup de génie a été de hiérarchiser les réactions
sensorielles du poisson, il a été de faire l’impasse sur sa réceptivité aux saveurs, et de miser sur sa réceptivité aux ondes
vibratoires telles qu’en produit un fuyard se carapatant à
l’approche d’un fauve.
Après mûre réflexion, et à l’encontre des thèses les mieux
établies, je pense, à tort ou à raison, que
l’amateur & intérêt
à suivre leur exemple et à utiliser des leurres tant qu’il n’a
pas acquis une connaissance total—e d’un territoire. Néanmoins, une fois cette connaissance acquise, il est probable
que les données du problème s’inversent et que
le plaisan—
n’excitent que son odorat. ils ne titillent pas son radar. lls
ne lui sautent pas aux yeux.
En revanche, si l’on traîne un leurre nageant avec frénésie,
il aura toutes les
qualités sauf UNE. il sera visible,
surtout si sa forme et sa couleur ont été convenablement
choisies. ll émettra des vibrations assez puissantes pour
rameuter les carnassiers et assez ressemblants pour les
<< leurrer >>, mais il sera totalement et irrémédiablement INODORE et INSIPIDE. ll n’utilisera donc pas l’extraordinaire
,
aptitude des poissons à détecter les saveurs.
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Dans ces conditions, en attendant l’apparition d’appâts
vibrants comme des leurres, ou de leurres aux exhalaisons
meurtrières, quelle stratégie retenir? rl‘ant que le pêcheur
ne connaît pas << a fond >> un territoire, « son >> territdire,
je suis d’avis qu’il a intérêt à privilégier les leurres pour
deux raisons. La première est d’ordre pratique : la pêche
des vifs prend du temps et je crois que ce temps est mieux
investi dans l’apprentissage du territoire. Le deuxième est
d’ordre stratégique : puisque la traîne est pêche de mouve—
ment et que le mouvement engendre des vibrations, il sem—
ble judicieux de miser sur l’émission de vibrations et de miser
totalement dessus. Les bons stratèges ne dispersent pas leurs
_
forces. ils les concentrent sur le point vulnérable de leurs
adversaires.
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Le génie des inventeurs de leurres historiques, plumes et
couennes des Provençaux, barbe de mais des Basques, poisson d’étain des Normands, leur génie n’a pas été de trouver une astuce pour se. libérer de la corvée de la cueillette
et de la conservation des boëttes (boed, nourriture, en bre—
ton), leur coup de génie a été de hiérarchiser les réactions
sensorielles du poisson, il a été de faire l’impasse sur sa réceptivité aux saveurs, et de miser sur sa réceptivité aux ondes
vibratoires telles qu’en produit un fuyard se carapatant à
l’approche d’un fauve.
Après mûre réflexion, et à l’encontre des thèses les mieux
établies, je pense, à tort ou à raison, que
l’amateur & intérêt
à suivre leur exemple et à utiliser des leurres tant qu’il n’a
pas acquis une connaissance total—e d’un territoire. Néanmoins, une fois cette connaissance acquise, il est probable
que les données du problème s’inversent et que
le plaisan—
