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Introduction à la pêche plaisante
untramail de 25 mètres, une dizaine de casiers, une écope
É
,
taillée dans un bidon plastique, deux avirons qui servent
autant de sondeurs que de propulseurs et un litron coincé
.
dans la fargue. Qui dit mieux sur le plan des investissements ?;le suis fou de rage quand des crétins, des demeurés, accahlent Gwenn Ru de sarcasmes. il est vrai que le cher gar—
çon, victime expiatoire de je ne sais quelle malédiction, innocent accablé sous le poids deje ne sais quelle fatalité, est
porté sur la bouteille. il est vrai qu’il est facile de se foutre
;
de ce pochard invétéré lorsqu’il tire des bords sur la route
en regagnant ses pénates solitaires. Maisces ricaneurs imbé—
ciles, ces ignorants donneurs de leçons, ne savent pas que
sur l’eau, Gwenn Ru redevient ce qu’il est, un pêcheur de
génie, le génie de la pêche nocturne aux engins. Aucun de
.
ses détracteurs, aucun de ceux qui se gaussent de ses yeux
injectés de sang et de son élocution hredouillante, aucun
ne lui arrive à la cheville. Vous entendez, aucun. Gwenn Ru
plane àcent coudées au-dessus de ces minables. Gwenn Ru,
'
'
le rouquin de Pen-Gazek, c’est lui le meilleur, le plus intelligent des pêcheurs aux engins. Et c’est même un poète de
'
‘
la pêche. ÉcOutez—le : << Les rougets ce sont les hirondelles
'
de la mer. À l’approche des premiers froids, ils se rassemblent dans les herbiers comme les hirondelles sur les lignes ;î‘7ï?“
télégraphiques, avant de partir pour leur migration lointaine.
Eh bien, c’est à ce moment—là qu’il faut les choper... vous
en remplirez des mannes entières... »
Bien qu’il ne pêche jamais àla ligne, et qu’il ignore l’alpha
et l’omega de la traîne, c’est 'Gwenn Ru qui, m’a initié aux
secrets essentiels de la traîne, parce que les secrets essentiels, les secrets substantiques, les secrets fondamentaux
de la traîne, sont cOmmuns à tous les modes de pêche. Et
ces secrets initiatiques, il me les a dévoilés comme un ivregne débite ses calembredaines : en cherchant ses mots, en
bafbuillant, la bouche pâteuse.
C’est lui qui m’a appris que le secret primordial de la réussite réside dans la « synchronisation >> (le mot est de lui) de
quatre éléments : le lieu, l’heure, lecoefcient de marée et
l’espèce de poisson convoitée. Avant de quitter son domi—
elle et de gagner la côte, Gwenn Ru met ses théories en pratique. Il consacre aux moins vingt minutes à consulter son
Introduction à la pêche plaisante
untramail de 25 mètres, une dizaine de casiers, une écope
É
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taillée dans un bidon plastique, deux avirons qui servent
autant de sondeurs que de propulseurs et un litron coincé
.
dans la fargue. Qui dit mieux sur le plan des investissements ?;le suis fou de rage quand des crétins, des demeurés, accahlent Gwenn Ru de sarcasmes. il est vrai que le cher gar—
çon, victime expiatoire de je ne sais quelle malédiction, innocent accablé sous le poids deje ne sais quelle fatalité, est
porté sur la bouteille. il est vrai qu’il est facile de se foutre
;
de ce pochard invétéré lorsqu’il tire des bords sur la route
en regagnant ses pénates solitaires. Maisces ricaneurs imbé—
ciles, ces ignorants donneurs de leçons, ne savent pas que
sur l’eau, Gwenn Ru redevient ce qu’il est, un pêcheur de
génie, le génie de la pêche nocturne aux engins. Aucun de
.
ses détracteurs, aucun de ceux qui se gaussent de ses yeux
injectés de sang et de son élocution hredouillante, aucun
ne lui arrive à la cheville. Vous entendez, aucun. Gwenn Ru
plane àcent coudées au-dessus de ces minables. Gwenn Ru,
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le rouquin de Pen-Gazek, c’est lui le meilleur, le plus intelligent des pêcheurs aux engins. Et c’est même un poète de
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la pêche. ÉcOutez—le : << Les rougets ce sont les hirondelles
'
de la mer. À l’approche des premiers froids, ils se rassemblent dans les herbiers comme les hirondelles sur les lignes ;î‘7ï?“
télégraphiques, avant de partir pour leur migration lointaine.
Eh bien, c’est à ce moment—là qu’il faut les choper... vous
en remplirez des mannes entières... »
Bien qu’il ne pêche jamais àla ligne, et qu’il ignore l’alpha
et l’omega de la traîne, c’est 'Gwenn Ru qui, m’a initié aux
secrets essentiels de la traîne, parce que les secrets essentiels, les secrets substantiques, les secrets fondamentaux
de la traîne, sont cOmmuns à tous les modes de pêche. Et
ces secrets initiatiques, il me les a dévoilés comme un ivregne débite ses calembredaines : en cherchant ses mots, en
bafbuillant, la bouche pâteuse.
C’est lui qui m’a appris que le secret primordial de la réussite réside dans la « synchronisation >> (le mot est de lui) de
quatre éléments : le lieu, l’heure, lecoefcient de marée et
l’espèce de poisson convoitée. Avant de quitter son domi—
elle et de gagner la côte, Gwenn Ru met ses théories en pratique. Il consacre aux moins vingt minutes à consulter son
