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introduction à la pêche plaisante
mètres. » Le conseil s’adresse aux croiseurs. Nous autres
pêcheürs, nous en approchons à vingt mètres. Avec un mètre
de creux, les passagers
serrent les fesses. Le barreur prie
sainte Anne de surveiller le moteur.
,
_
«
Je suis “d’avis qu’il faut citer aussi, parmi les joies primai=
-
res du pêcheur, celle de consommer sa propre pêche. Elle
est légitime et on peut y sacrier sans être le vilain
dard que les écologistes montrent du doigt.. Foin de ces soru'pules idiots et de ces ‘introspections pharisa‘iques. Retr0uvous notre instinct, que diableî Il est préférable d’aimer le '
poisson, de le manger avec respect, comme une bénédiction
.
du Créateur, plutôt que de voir dans la pêche un jeu
_
d’adresse et de plein air. Le vrai pêcheur déguste sa pêche.
Que celui qui n’a jamais mangé une laitue, être vivant, qui _
n’a jamais coupé une rose, être vivant, vienne me reprocher
de cuisiner mes poissons!
Aux joies propres de la pêche s’ajoutent les joies d’une com—
munion charnelle avec la vie de la mer. Elles sont d’essence
supérieure. Le pêcheur navigue au ras, au contact de l’eau,
_
de préférence sur une embarcation évolutive comme un déri—
veur. Habitué de la côte, il devient, par corollaire, un excel—
Î
lent navigateur côtier. Pour dépister lui-même les lieux de
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pêche les plus poissonneux, il sait se positionner au centiê
_
mètre près. À force de patrouiller le même secteur, il acquiert
une Science respectable du lieu. Il devient expert en météo
:
10cale. Il « sent >> les courants et les contre-courants. Ses
balades côtières sont amusantes. Il aborde des plages. ll fréquentéles mouillages forains, il se faufile partout. Il irte
‘
avec les hauts-fonds et rase les cailloux en surveillant les
'
déferlantes.
‘
Il navigue dans le plus beau décor du monde, dans cet espace
majestueux où la mer s’accouple à la terre. La règle du jeu
exige qu’il y porte une attention soutenue. Dunes semées
d’œillets sauvages, plages désertes et battues par la brise,
promontoires de granite où eurissent l’ajonc de printemps
et la bruyère d’automne. Cailloux du littoral usés par le ressac ou récifs du large blanchis par le guano, îlots verdoyants
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pour troupeaux mythiques, falaises escarpées, criques protégées et baies offertes au suroît, brisants, remous, mer câline
ou forcenée, glauque sous les nuages ou bleue sous les rayons
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