.
,
,
'
LELOGE
.
DE LA PÊCHE
"
PÊCHEÜÎRS
Quand
esprit fort » de la plaisance exerce
Ï
àl’encontre de l’amateur de pêche, il ne. prouve rien qu’une ,ignorance crasse de la mer et des choses de la mer.-L’attiè
tude caustique, voire-arrogante, de certains plaisanciers à
_
l’égard des pêcheursest du reste récente. Lorsque les yachts
étaientréservés-à une caste fortunée, les bateaux deplaisir .
'
n’étaient pas peints au coaltar mais, à ce détail près, ils res—
’
semblaient—aux bateaux de labeur comme des frères. Les skipê
_
pers à casquette galonnée embarquaient des marins rémü,
nérés qui leur inoculaient le virus, car ces vrais marins étaient
'
-
pêcheurs dans l’âme et ils n’en rougissaient pas; Ils savaient
,
d’expérience que la pêche estun métier viril, qu’elle conS,
titue une des plus glorieuses épopées où l’homme
,
dépassé en courage, en progrès, en inventions; qu’elle a suS_
cité une formidable oraison d’arts et de techniques, qu’elle
a façonné des ethnies et des empires.
'
'
.
-
,
En cette finde siècle où la mer se meurt, où l’amateur est
prêt'à reprendre le flambeau des mains vides du profession
nel, la=pêche est en mesure de dispenser à l’homme des cités,
*
assoiffé de nature et de vérité, des joies puissantes, variées
et d’essence supérieure.
,
'
_
,
Est—il besoin de décrire la plus capiteuse d’entre elles : la
touche suivie de capture? Que la ligne s’alourdisse comme
si elle était accrochée dans une épave, ou qu’elle soit secouée
de soubresauts saccadés, un courant la parcourt qui pénètre
le pêcheur. Personne n’est immunisé contre cette
décharge d’émotion. La brutalité du poisson de mer, ses
,
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LELOGE
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DE LA PÊCHE
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PÊCHEÜÎRS
Quand
esprit fort » de la plaisance exerce
Ï
àl’encontre de l’amateur de pêche, il ne. prouve rien qu’une ,ignorance crasse de la mer et des choses de la mer.-L’attiè
tude caustique, voire-arrogante, de certains plaisanciers à
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l’égard des pêcheursest du reste récente. Lorsque les yachts
étaientréservés-à une caste fortunée, les bateaux deplaisir .
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n’étaient pas peints au coaltar mais, à ce détail près, ils res—
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semblaient—aux bateaux de labeur comme des frères. Les skipê
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pers à casquette galonnée embarquaient des marins rémü,
nérés qui leur inoculaient le virus, car ces vrais marins étaient
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pêcheurs dans l’âme et ils n’en rougissaient pas; Ils savaient
,
d’expérience que la pêche estun métier viril, qu’elle conS,
titue une des plus glorieuses épopées où l’homme
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dépassé en courage, en progrès, en inventions; qu’elle a suS_
cité une formidable oraison d’arts et de techniques, qu’elle
a façonné des ethnies et des empires.
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En cette finde siècle où la mer se meurt, où l’amateur est
prêt'à reprendre le flambeau des mains vides du profession
nel, la=pêche est en mesure de dispenser à l’homme des cités,
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assoiffé de nature et de vérité, des joies puissantes, variées
et d’essence supérieure.
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Est—il besoin de décrire la plus capiteuse d’entre elles : la
touche suivie de capture? Que la ligne s’alourdisse comme
si elle était accrochée dans une épave, ou qu’elle soit secouée
de soubresauts saccadés, un courant la parcourt qui pénètre
le pêcheur. Personne n’est immunisé contre cette
décharge d’émotion. La brutalité du poisson de mer, ses
