Le guide du littoral
c'est—à—dire que nous avons essayé
humide, grâce à des apports en eau ]
de gommer le faux débat entre une
douce dus aux pluies, aux ruisselle—
espèce d'écologisme forcené, pour
ments, voire à des canaux artificiel— j"
lequel il ne faudrait rien faire en
lement creusés, appelésroubines ou
bord de mer, et qui est intenable, et,
robines. Quant aux autres, les plus
d‘un autre côté, une espèce de bou—
nombreux, ils vivent au rythme des
”
limie de béton d‘un libéralisme
échanges avec la mer, des apports
"dans ce qu'il peut avoir de pire". »
en eau douce, et continuent de voir
Ainsi, entre Collioure et Le Grau—
se développer qne
faune et une 0'_ :
du—Roi, le littoral du Languedoc—
re riches et originales.
Roussillon présente—t—il, en alterLa vocation traditionnelle
nance, des zones touristiques et des
étangs associait la pêche, la con—
espaces préservés, la plupart de
chyliculture, l‘exploitation de sa—7
ceux—ci faisant partie dudomaine
lines et la navigation commerciale ;
du Conservatoire du littoral. A l'ex—
de tout temps, on y a chassé le gi—
ception d'un seul terrain, situé à
hier d'eau. Les choses se sont natu—
Collioure, les terrains du Conserva—
rellement transformées : en certains
toire sont des espaces lagunaires,
endroits, la pêche a été délaissée ;
ou « zones humides », ou bien des
la seule saline encore exploitée se
espaces dUnaires, les deux étant
situe à proximité de l‘île Sainteê
souvent associés. Certains consti—
Lucie ; la chasse a été réglementée,
tuent des « blocages » destinés à
avec l'accord plus ou moins facile—
prévenir de nouvelles urbànisations ;
ment
obtenu des associations
d'autres constituent des ensembles
concernées ; et, bien évidemment,
paysagers d'une grande beauté.
la navigation commerciale a dispaTous ont en commun des écosys—
ru. Et pourtant, les zones humides et
tèmes qu'il importe de préserver,
les étangs du Languedoc—Roussillon
‘
conservent, ou retrouvent, par bien
Les espaces lagunaires
des aspects, les caractéristiques
La côte basse et plate du Langue—
d‘antan. L'action du Conservatoire
doc—Roussillon est en constante
n'Y est pas étrangère.
'
évolution. La conjonction des cou—
La faune de ces étangs est d‘une
rants marins, de dépôts sédimen—
grande diversité. Pour ce qui est des
taires et aluvionnaireg apportés par
poissons, le degré de salinité, l'exis—
lesfleurs et rivières, a contribué à la
tence de graus, ou, au contraire,
formation d'étangs qui parsèment le
leur inexistence, déterminent lapré—
lltt0ral- Certains sont
fermés,
sence de différentes espèces. Les
d‘autres comblés ; mais la plupart
carpes, par exemple, s'adaptent à
communiquent avec la mer par des
des taux de salinité variant entre 0
«
graus >>, terme venu du latin gra—
et 10 grammes par litre ; les doradeS
dU5 (« passage >>), qui a pris la forme
se plaisent dans des eaux où le taux
graou en languedocien. Jusqu'au
de salinité varie entre 10 et 20
XVlesiècle, la plupart de ces étangs
grammes par litre ; quant aux anétaient encore largement ouverts sur
guilles, véritables phénomènes du
la Méditerannée;
les cordons
règne animal, elles s'adaptent à
narres, OU lÎdOS, se sont ensuite dé—
toutes les conditions. En fonction
veloppés, transformant ainsi les
des saisons, du régime des vents, de
baies en étangs. L'étang du Grec,
la température des eaux, les étangs
proche de Palavas,est aujourd'hui
communiquant avec la mer don—
pratiquement comblé et en partie
nent asile à tous les poissons médi—
urbanisé. Les étangs fermés, comme
terranéens hors les périodes de
ceux de Vic et de Vendres, conser—
ponte : loups, appelés bars dans
vent pourtant leur caractère de zone
l'Atlantique, muges, connus ailleurs
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