Le guide du littoral
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grecs qu‘en Grèce. Pourtant, la na—
jeter un regard. Allait—on réussir à‘ Ï’4l‘
ture a souvent été recréée, d'autres
les attirer, et pourquoi donc cette
parties du littoral ont été aména—
côte du Languedoc—Roussillon était—
gées. Et si le Conservatoire du litto—
elle la seule, sur les deux rives de la
ral a pu acquérir d‘importants
Méditerranée, à n'avoir pas encore
domaines, entre la voie Domitienne
retenu l'attention ? >>, écrira Pierre
,
et la mer, il le doit pour partie à la
Racine. De fait, la route littorale,
Mission d'aménagement touristique
l'ancienne voie Domitienne, était
du Languedoc—Roussillon, dont
de part et d'autre envahie de ba—
l'histoire vaut d'être contée.
raques construites avec des matériaux de fortune provenant de
_
L'aménagement du littoral
récupérations diverses, donnant à
Le 18 juin 1963, un décret signé par
l'ensemble
un aspect hétéroclite
le
Premier
ministre, Georges
a vrai
dire, passablement poudPompidou, crée la Mission intermi—
leux. _En marge de ces
nistérielle pour l'aménagement du
de bnc et de broc, les
penodes est]littoral du Languedoc—Roussillon. La
vales amenaœnt_d
innombrables
présidence en est confiée à un
adeptes du camping sauvage, bra—
conseiller diEtat, Pierre Racine. La
vant courageusement
les escadnlles
Mission, est—il précidé dans l'article
de moustiques les attaquant en
6 du décret, « est chargée de définir
rangs compacts. Ce type
de fre—
le programme général diaménage_
quentat1on littorale etait_sans doute
ment de la côte du Languedoc—
sympathique, mais contnbuaüa
de
Roussillon, d'en déterminer les
naturer une_côte déjà
fort mau—
moyens dieXécuüon et d'en suivre
vais état, pmsque l'ér0510n, doublee
la réalisation par l‘Etat, les collecti—
de
des
avait pro—
vités locales et par tout organisme
voque un debomement
a peu pres
public OU privé agissant avec liaide
complet
:
Si
le littoral français, a
de l'Etat ou sous son contrôle. » Le
cette epoque,
avait un taux moyen
contexte politique dans lequel inter—
de boisement
de l‘ordre de 2_5 %'
vient cette institution originale dans
du Languedoc—Rou551llon
l'histoire de l'administration françai—
n était que de 2/5 % !
se, n'est pourtant pas particulière—
A tous égards, la tâche de la mis—
ment favorable. Par tradition, la
sion présidée par Pierre Racine
région était en effet fortement an—
s‘annonçait hérissée de difficultés ;
crée à gauche ; les relations entre
le titre de l'ouvrage qu'il devait pu—
les élus et le gouvernement de
blier en 1980, Mission impossible ?,
Georges Pompidou n'étaient pas
en donne rétrospectivement la me—
des meilleures ; et surtout, la popu—
sure. Dans cette région où la vigne
lation et ses élus, là encore par l'ef—
était « la grande affaire, souvent
fet d‘une tradition plusieurs fois
l'uniqùe affaire », il s'agissait
séculaire, éprouvaient une méfiance
d'abord de dialoguer, d'écouter,
quasi viscérale à l'égard de toute
d'obtenir des concours actifs pour
décision prise ou imposée depuis
transformer le littoral, de c0nvainParis.
cre, pour installer pôles de dévelop—
A ces difficultés politiques s'en
pement touristique générateurs
ajoutent d'autres, tenant à la nature
d'emplois et de « retombées écono—
même des cent quatre—vingts kilo—
miques » pour la région, d'aménamètres de littoral à aménager :
ger l'ensemble sans pour autant
«
Une côte ingrate d'apparence,
bouleverser l‘état de choses eXis—
sans relief et dénudée, infestée de
tant.
,
moustiques. Des millions de tou—
Dans le même temps que la missi0n
ristes la trave'rsaient sans même y
lançait les premières études sur les
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