Le guide du littoral
Certes : une promenade en hiver
Îanvier. La température est descendue de
bassin ait, manifestement, ils règnent en
quelques degrés sous zéro. Le petit pont
maitres. Venant de l'estran découvert, un
franchi, le sentier littoral emprunte la
héron cendré s‘envole : il tient sans son bec
digue. Une brume épaissse noie le domai—
une anguille se tortillant. Des goélands
ne. Les herbes sont raidies par la gelée, les
prennent à partie le héron pour tenter de lui
aques d‘eau transformées en glace; le che—
ravir sa proie : les coups de bec pleuvent,
min de la digue, d‘ordinaire meuble et
d‘autant qu‘un autre héron est venu a la
souple, est dur sous le pied. A gauche, l‘es—
rescousse de son compagnon. Les oiseaux
trou est largement découvert par la marée
virevoltent, tourbillonnent ,' des cormorans
basse ,' les « tonnes » de chasseurs se succè—
s‘en mêlent, puis tout rentre dans l‘ordre.
dent avec leurs retenues d‘eau ou les ap—
Le héron a conservé son anguille.
peaux trompeurs
307” d‘une rigoureuse
En partie dissimulés par les hautes herbes,
drone, le canal
de drainage
deux formes blanches surmontées d‘un cou
ou d'arrivée
d‘eau salée suivant
les
noir : des tadornes de Belon, réacclimatés
ments
5 Plus les bassins rectzhgnes remphs
dans le bassin d‘Arcachon depuis une quin—
deau. Dans le lomtam,nmage
incertaine
zaine d‘années. Et toujours ces bandes de
dans la brume, 0_”
distingue de robustes
cormorans, avec des colverts et des sarcelles
chevaux que
le fr Old n‘empêche pas de
rem—
qui savent que, de ce côté-ci de la digue, ils
pln‘ leur
role de « tondeuses ecologiques ».
sont à l‘abri des fusils.
Première rencontre, un chasseur transpor—
.
.
.
tant sur le porte—bagages de sa mobylette
La brume se
leve " on distingue un ”led
une caisse & claire—voie dans laquelle brin—
opaque,
mais ses rayons ne parviendront
quebalent quelques canards domestiques,
pas
a percer. La promenade se poursuit,
a
appeaux vivants, ceux—là, destinés à attirer
! €“ de la poznte de Branne.
lestran,
les colverts et les sarcelles : « Il en reste ! Il
une
de barque
se reflete dans
le
en reste ! » s‘exclame—t—il, hilare : sa chasse
sable humide
" le sujet aurait inspire
le
matinale, de toute évidence, a été bonne, et
peintre Signac. EÎ WWW”)
a
ces
son carnier goné en témoigne.
bassins dont la disposition est
maintenant
A notre approche, dans un bassin une
de plus en
plus lisible ; les ecluses sont en
.
.
,
.’
parfait etat de fonctionnement —car le do—
trentazne de nous cormorans s‘elœgnent
-
d C t s vit t u'our
entre autres
doucement de la berge. Quelques—uns pren—
mee
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L
0
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33
d l
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nent leur envol au ras de l‘eau ,' ils filent,
e sa piscicu'ture.
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emm
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a
igue
.
,
.
.
repart vers l ouest puis vers le nord. On
avec leur vol tendu si caracteristique, vers
—
-
une zone plus calme. Dans le même bassin,
aperçou maintenant
Lanton. Nous y arg—
beaucoup plus loin un groupe de foulques
verons apres
deux heures et
demie
e
.)
macroules inquiets, aisément reconnaismarche depuis notre pomt de depart.
sables à leur plumage frontal et à leur bec
Visite commentée du domaine de Certes
blancs, contrastant avec leurs corps noirs.
tous les jours en juillet—août, & la demande
Un couple de cygnes survole bruyamment
hors saison. Tél. 56 26 94 08, ou conseil
la digue pour aller se poser dans un autre
général de la Gironde, ïél— 56 99 33 33—
mique
la seconde du socialisme
François—Aymeri de Duriort, mar—
._
puisqu'elle se rattache aux théo—
quis de Civrac (mort en 1786), et
,
ries de Fourier. Et pourtant l'une et
s‘étendait alors sur 11 500 hectares. ' —
l'autre avaient en commun l'utopie,
Sañsdoute gagné par les idées du
qui est le propre des hommesd'es—
«
physiocrate » Quesnay, Civrac en—
P0ÎF.
tendait mettre ses propriétés en va- ‘
Au milieu du XVIIIe Siècle, le do—
leur. Il décide d'y installer des
maine de Certes appartenait à un
salines. En 1761, il obtient à cet
vaillant capitaine de Louis XV,
janvieràCertes.W
'
188
—
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