Le guide du littoral
Hu Camp et Ëlauhert
a la pointe du Æaz
_
En 1847, Gustave Flauvert et son ami
nous eûmes bien vu tout cela, quand nous
Maxime Du Camp eectuent un voyage
eûmes longuement aspiré la poésie de ces‘
en Bretagne et en Normandie. Il était
grandes solitudes si divinement belles que la
convenu entre eux que la relation du voya—
vue d‘un homme y semble un contresens in—
ge serait écrite par Flaubert pour les chaharmonique, et chaque, comme une fausse ' Î Ï _; :
?…“ impairs, ?“ Du Camp POW les
note dans une symphonie, nous suivimes
chapitres pairs...
publiant Par
les
l‘enfant qui nous appelait du regard. [...]
ËËËÊÊ ÏàîÎÉËZZÊÎÏÂËiÎZZÎËÉË‘ËZJËÎ
côtés
…
droit» àPra'
chapitres dus & Flaubert. L‘œuvre se trouimmense,
ep ouvantable,
ou la mer hurlatt
vait ainsi mutilée, parfois diffiCilement
a cinq
p zeds au-dessous
de nous;
a
compréhensible, décision aussi injuste pour
quand un de nous voulazty regarder,
ZZ se
le talent de Du Camp que pour la nature
dans sa
longueur sur le sol, lautre
de l‘œuvre elle—même, fruit de la coopéra—
lut satszssazt les jambes et le retenaztde
tou:
tion des deux écrivains. Le texte sur la
te
la force de
son bras et
Zlfamm bœn,car *
pointe du Raz est l ‘œuvre de Du Camp :
ZZ
avgnt îas]
PÎW ce}l uz
se—
_
rai
om e.
a
ais,
e roc er seven—
«Avant de nous engager
sur la patnte du
trait et montrait à nu ses fortes entrailles
Raz, nous jetames les yeux
autour de nous.
noires moirées de reets verts. Il s‘enfonçait
A gauche, nous apercevtons l‘étendue des
en grottes sonores s‘élançait comme une .
côtes jusques à Kerity, toutes bleues et pro»
h
d
t
’
dressait ainsi u'un
fondes, cette baie terrible qui a roulé tant de
arc
€
6 P on
’
se
l
q
morts qu‘on l‘appelle la baie des Trépassés ,'
monstrueux monolzthe
u se
recu alt p ro—
puis, rangées par les lueurs du soleil cou—
gressivement sur lut-meme
a la façon
des
chant, coupées de grandes ombres violettes,
gradins dun
A ses pœdS’ la.
les falaises qui allaient s‘aaiblissant par
mer
battait, tantot qazllmsant
en gerbes
degrés jusqu‘à s‘abaisser dans la mer, per—
decumes
tantot 82.
transparente quelle
dant peu à peu leur forme et leur couleur,
lazssatt voir
des quartiers
de roc couches
sur
et_n‘ayant plus qu‘une pâle nuance grise
le sable, immobiles, pales, et bleutssant
semblable à celle du duvet de cendre qui re—
une fazsonnante
chevelure de varech,
de fu—
couvre les charbons éteints ,' derrière nous,
cus et de goemon. »
,
__
la lande désolée avec la tour blanche du
(Flaubert et Du Camp, Par les
_
phare qui s‘illumine chaque soir. Quand
"
champs et par les grèves.)
___—___—
…
Parmi les Saints tutélaires de cette
pointe du Van, en un lieu appelé
partie de la Cornouaille, They et
depuis Od ar—Zent (« la grève des
Trémeur occupent une place privi—
saints »). They établit son ermitage
‘
léglé€. TC?US
deux étâl€t les ls
au bord de la mer] à l'emplacement
d'un
p…ssant
Personnage
de
de l'actuelle chapelle Saint—They, à
persuadé
la pointe du Van ; quant à Trémeur,
Ë.î'à2‘1Ÿläâ‘îäâê?%îîî“âî'Jiî‘âg
decolère,il déca ita les deux en/
fants. Ces innocerpit5, aussi irrépro— hameau
de Tremeur conserve son
chables que l‘était peut—être leur
souvenir.
_
mère, bénéficièrent de la protection
divine : ils quittèrent le. domicile pa—
Paysans, pecheurs,
ternel, portant leur tête sous le
plll€urs d'epaves
.
bras ; ils montèrent dans une
Les légendes sont—elles la richesse
barque qui les déposa près de la
des terres ingrates et des paysages
130
'
Précédent

- 128/333

Suivant