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Le monde vivant évolue. Sa transformation s’est jusqu’à maintenant opérée
en une suite de périodes de relative stabilité alternant avec d’autres où l’évolu—
tion était intense et foisonnante, de nombreuses espèces disparaissant et
d’autres se formant en relation avec de profondes modifications environnemen—
tales. En cette fin de vingtième siècle, l’espèce humaine est devenue un acteur
essentiel du théâtre planétaire. Pour entretenir sa croissance démographique et
promouvoir son développement, elle agit sur le monde vivant, fait disparaître
des espèces, crée ou provoque l’apparition denouvelles formes vivantes et
modifie les paysages. Sans atteindre l’ampleur constatée à l’occasion des crises
majeures que la vie a connues au cours des temps géologiques (disparition des
dinosaures, expansion des mammifères), cette transformation a une caractéris—
tique nouvelle : elle est beaucoup plus rapide. Les _changements interviennent à
l’échelle des dizaines d’années au lieu des millions d’années et cela suscite
l’apparition d’une triple inquiétude : sommes nous en train d’épuiser les res—
sources biologiques qui nous sont indispensables ? allons nous léguer aux géné—
rations qui nous suivent une réalité sans rapport avec la culture que nous leur
transmettons ? ces transformations vont—elles modifier les grands équilibres qui
régissent la planète ?
Ces interrogations ne sont pas seulement formelles, elles mettent en évidence
des lacunes dans notre connaissance du vivant ainsi que de profonds conits
d’intérêts. Notre connaissance de la diversité et de son aptitude à évoluer rapi—
dement est encore trop limitée pour répondre instantanément aux questions
actuelles et faire des choix avec certitude
et sérénité
Comment décider entre
exploitations immédiates et développement durable ? Au nom des premières, la
société prend des risques qui mettent l’avenir en danger
; au nom_du second,
elle peut entraver le progrès économique dont certains groupes soc1aux ont un
besoin impératif et immédiat.
Les évolutions de la biodiversité en rapport avec celles de l’environnement,
que ce soit dans la mer, sur terre ou dans les eaux continentales, ne justifient ni
le catastrophisme, ni le mépris et l’oubli. Les problèmes sont réels, même s’ils
sont parfois mal posés. Ils peuvent
être traités en se xant trois Obj60tlfS :
connaître l’étendue et le rôle de la biodiversité, la protéger, la laisser évoluer
tout en gérant l’utilisation des ressources par
la
Quelques conditions
doivent être remplies pour assurer le succes d
une telle demarche
: les hommes
doivent être conscients et informés de l’ex1stence et de l’importance de la bio—
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