___——_—_—_
Biodiversité et société
67
tiative de la Finlande et de la France, une Conférence Européenne sur les Forêts
s’est tenue à Strasbourg en 1990. La diversité des espèces d’arbres forestiers est
menacée par l’évolution des méthodes d’aménagement et de sylviculture (rem—
placement des forêts mélangées et de la régénération naturelle par des forêts
monospécifiques obtenues par plantation), par le transfert à longue distance des
matériels forestiers de reproduction (semences, plants, boutures), par la pollu—
tion atmosphérique (Europe Centrale) et de manière encore hypothétique par les
changements climatiques. Les experts des pays concernés ont décidé d’agir en
commun sur la base des connaissances actuelles. L’action organise la conserva—
tion in situ des écosystèmes forestiers caractéristiques, associée à la conserva—
tion ex situ des espèces rares et menacées. Elle amène à la définition de prin—
cipes de gestion forestière qui intègrent la préservation de la biodiversité. Les
pays, signataires d’une résolution générale, se sont engagés sur les finance—
ments et les mises en oeuvre. En 1993, une seconde conférence se tenait à Hel—
sinki pour évaluer le travail fait en deux ans et valider son orientation au vu du
progrès des connaissances et de l’évolution de l’économie et de la société.
Quatre actions—pilotes, organisées en réseaux européens, ont été lancées pour
l’épicéa, le chêne—liège, le peuplier noir et les feuillus précieux (notamment des
Rosacées). Une analyse globale des ressources génétiques forestières en Europe
a été faite. Les règles légales et techniques pour préserver la diversité ont été
édictées et mises en pratique pour les quatre actions qui vont maintenant être
poursuivies et développées. Le tout a été réalisé parce que les pays et leurs ins—
titutions spécialisées ont effectivement décidé de financer l’action. La confé—
rence d’Helsinki a prévu d’amplifier cet effort dans l’avenir, de constituer un
groupe permanent de coordination pour le poursuivre et préparer l’élargissement a de nouvelles espèces et de nouveaux thèmes. Voila une belle avancée,
même si tous les problèmes forestiers du monde ne s’en trouvent pas réglés.
Cela prouve que les problèmes posés par la biodiversité, son évolution et sa
relation à l’homme ne sont pas seulement des sujets d’inquiétude et de conits
de dogmes et d’intérêts. Des actions qui prennent la mesure des besoins du futur
existent ; il faut appuyer ces efforts et les proposer comme exemples. Ces pro—
grès sur le terrain et dans les esprits aideront à traiter le problème de fond, qui
ne relève pas des seuls experts, mais des citoyens et de la société : l’Homme
doit apprendre à laisser une place suffisante et assez d’autonomie aux autres
espèces vivantes, pour que ces dernières continuent à évoluer à leur rythme —
qui n’est pas celui de l’économie — et à jouer leur rôle dans l’entretien de la qua—
lité de l’environnement et la protection des ressources naturelles. Les aspects
culturels sont donc tout a fait essentiels.
Lorsque beaucoup seront persuadés qu’ils doivent ajuster leur comportement
et leurs activités aux capacités de la biosphère, chacun s’étonnera qu ’on
ait mis
si longtemps à définir une politique cohérente dans un domaine auss1 important.
Biodiversité et société
67
tiative de la Finlande et de la France, une Conférence Européenne sur les Forêts
s’est tenue à Strasbourg en 1990. La diversité des espèces d’arbres forestiers est
menacée par l’évolution des méthodes d’aménagement et de sylviculture (rem—
placement des forêts mélangées et de la régénération naturelle par des forêts
monospécifiques obtenues par plantation), par le transfert à longue distance des
matériels forestiers de reproduction (semences, plants, boutures), par la pollu—
tion atmosphérique (Europe Centrale) et de manière encore hypothétique par les
changements climatiques. Les experts des pays concernés ont décidé d’agir en
commun sur la base des connaissances actuelles. L’action organise la conserva—
tion in situ des écosystèmes forestiers caractéristiques, associée à la conserva—
tion ex situ des espèces rares et menacées. Elle amène à la définition de prin—
cipes de gestion forestière qui intègrent la préservation de la biodiversité. Les
pays, signataires d’une résolution générale, se sont engagés sur les finance—
ments et les mises en oeuvre. En 1993, une seconde conférence se tenait à Hel—
sinki pour évaluer le travail fait en deux ans et valider son orientation au vu du
progrès des connaissances et de l’évolution de l’économie et de la société.
Quatre actions—pilotes, organisées en réseaux européens, ont été lancées pour
l’épicéa, le chêne—liège, le peuplier noir et les feuillus précieux (notamment des
Rosacées). Une analyse globale des ressources génétiques forestières en Europe
a été faite. Les règles légales et techniques pour préserver la diversité ont été
édictées et mises en pratique pour les quatre actions qui vont maintenant être
poursuivies et développées. Le tout a été réalisé parce que les pays et leurs ins—
titutions spécialisées ont effectivement décidé de financer l’action. La confé—
rence d’Helsinki a prévu d’amplifier cet effort dans l’avenir, de constituer un
groupe permanent de coordination pour le poursuivre et préparer l’élargissement a de nouvelles espèces et de nouveaux thèmes. Voila une belle avancée,
même si tous les problèmes forestiers du monde ne s’en trouvent pas réglés.
Cela prouve que les problèmes posés par la biodiversité, son évolution et sa
relation à l’homme ne sont pas seulement des sujets d’inquiétude et de conits
de dogmes et d’intérêts. Des actions qui prennent la mesure des besoins du futur
existent ; il faut appuyer ces efforts et les proposer comme exemples. Ces pro—
grès sur le terrain et dans les esprits aideront à traiter le problème de fond, qui
ne relève pas des seuls experts, mais des citoyens et de la société : l’Homme
doit apprendre à laisser une place suffisante et assez d’autonomie aux autres
espèces vivantes, pour que ces dernières continuent à évoluer à leur rythme —
qui n’est pas celui de l’économie — et à jouer leur rôle dans l’entretien de la qua—
lité de l’environnement et la protection des ressources naturelles. Les aspects
culturels sont donc tout a fait essentiels.
Lorsque beaucoup seront persuadés qu’ils doivent ajuster leur comportement
et leurs activités aux capacités de la biosphère, chacun s’étonnera qu ’on
ait mis
si longtemps à définir une politique cohérente dans un domaine auss1 important.
