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BIODIVERSITË ET ENVIRONNEMENT
Encore plus récemment, l’exploration des sources chaudes sous—marines pro—
fondes a révélé l’existence d’un monde biologique très divers utilisant des
sources d’énergie originales, alors qu’on pensait que la vie était absente aux très
grandes profondeurs. Un nouveau champ de recherche s’ouvre, des projets
d’exploitation des nouvelles connaissances s’élaborent aussitôt.
LES LÀ€ÙNES @E LA £ÛNNÀËËËÀNËE
De cette description condensée, comme d’ailleurs de l’analyse détaillée des
données disponibles, se dégage l’impression que nos connaissances sur la biodi—
versité marine et sa relation à l’environnement sont très disparates. Dans
quelques cas, celui de la Manche cité plus haut, nous disposons d’inventaires
précis, de données quantitatives et structurées dans l’espace et dans le temps, et
même de modèles de fonctionnement d’un écosystème marin. La connaissance
apporte alors un fondement solide à une réexion qui se proposerait d’évaluer
les conséquences possibles d’un changement climatique global ou d’une pertur—
bation créée par une installation humaine (création d’une usine ou aménage—
ment entraînant un réchauffement local des eaux par exemple).
Un bon exemple en est donné par les deux marées noires qu’a connu l’extrémité Ouest de la Manche, celle due au naufrage du Torrey Canyon en 1967 et
celle de l’Amoco Cadiz en 1978. Il se trouve que, en Grande—Bretagne comme
en France, des stations biologiques avaient pu établir des inventaires de la biodiversité locale avant ces catastrophes. Les mêmes laboratoires ont été mobili—
sés pour l’étude des conséquences de chaque évènement. Les enseignements
tirés de la première pollution ont été extrêmement utiles pour décider de
l’action à mener lors de la seconde, en particulier pour écarter l’usage de déter—
gents qui s’étaient avérés plus toxiques qu’utiles. Sur le plan biologique, au
bout d’une dizaine d’années, la faune et la flore marines ont recolonisé presque
tous les milieux où le pétrole s’était déposé. Si globalement ceci témoigne de
l’aptitude du vivant à la recolonisation, celle—ci ne s’opère qu’à deux condi—
tions : une transformation progressive des produits polluants et du milieu per—
turbé par un ensemble d’êtres vivants agissant de façon séquentielle (les
microorganismes sont les premiers), un maintien sur place et/ou une arrivée de
l’extérieur d’effectifs suffisants de ces organismes pour mener à bien ces opéra—
tions. Les études montrent que le succès dépend étroitement de quatre paramètres : la nature des milieux pollués, celle des agents polluants, les aptitudes et
les effectifs des êtres vivants concernés.
Dans la grande majorité des situations”, le niveau actuel des connaissances ne
permet pas de soutenir une réflexion prospective très développée. Parfois le
simple
inventaire des espèces est absent (cas du picoplancton). Souvent on ne
dispose que d’une description naturaliste et partielle du milieu biologique, sans
connaître son adaptabilité ni sa capacité à se renouveler (stocks des poissons
des grandes profondeurs). Enfin de façon très générale on ne dispose ni du recul
(données historiques et quantitatives) ni des modèles permettant des proj ectionS
tant son peu précises sur les effets de changements éventuels.
BIODIVERSITË ET ENVIRONNEMENT
Encore plus récemment, l’exploration des sources chaudes sous—marines pro—
fondes a révélé l’existence d’un monde biologique très divers utilisant des
sources d’énergie originales, alors qu’on pensait que la vie était absente aux très
grandes profondeurs. Un nouveau champ de recherche s’ouvre, des projets
d’exploitation des nouvelles connaissances s’élaborent aussitôt.
LES LÀ€ÙNES @E LA £ÛNNÀËËËÀNËE
De cette description condensée, comme d’ailleurs de l’analyse détaillée des
données disponibles, se dégage l’impression que nos connaissances sur la biodi—
versité marine et sa relation à l’environnement sont très disparates. Dans
quelques cas, celui de la Manche cité plus haut, nous disposons d’inventaires
précis, de données quantitatives et structurées dans l’espace et dans le temps, et
même de modèles de fonctionnement d’un écosystème marin. La connaissance
apporte alors un fondement solide à une réexion qui se proposerait d’évaluer
les conséquences possibles d’un changement climatique global ou d’une pertur—
bation créée par une installation humaine (création d’une usine ou aménage—
ment entraînant un réchauffement local des eaux par exemple).
Un bon exemple en est donné par les deux marées noires qu’a connu l’extrémité Ouest de la Manche, celle due au naufrage du Torrey Canyon en 1967 et
celle de l’Amoco Cadiz en 1978. Il se trouve que, en Grande—Bretagne comme
en France, des stations biologiques avaient pu établir des inventaires de la biodiversité locale avant ces catastrophes. Les mêmes laboratoires ont été mobili—
sés pour l’étude des conséquences de chaque évènement. Les enseignements
tirés de la première pollution ont été extrêmement utiles pour décider de
l’action à mener lors de la seconde, en particulier pour écarter l’usage de déter—
gents qui s’étaient avérés plus toxiques qu’utiles. Sur le plan biologique, au
bout d’une dizaine d’années, la faune et la flore marines ont recolonisé presque
tous les milieux où le pétrole s’était déposé. Si globalement ceci témoigne de
l’aptitude du vivant à la recolonisation, celle—ci ne s’opère qu’à deux condi—
tions : une transformation progressive des produits polluants et du milieu per—
turbé par un ensemble d’êtres vivants agissant de façon séquentielle (les
microorganismes sont les premiers), un maintien sur place et/ou une arrivée de
l’extérieur d’effectifs suffisants de ces organismes pour mener à bien ces opéra—
tions. Les études montrent que le succès dépend étroitement de quatre paramètres : la nature des milieux pollués, celle des agents polluants, les aptitudes et
les effectifs des êtres vivants concernés.
Dans la grande majorité des situations”, le niveau actuel des connaissances ne
permet pas de soutenir une réflexion prospective très développée. Parfois le
simple
inventaire des espèces est absent (cas du picoplancton). Souvent on ne
dispose que d’une description naturaliste et partielle du milieu biologique, sans
connaître son adaptabilité ni sa capacité à se renouveler (stocks des poissons
des grandes profondeurs). Enfin de façon très générale on ne dispose ni du recul
(données historiques et quantitatives) ni des modèles permettant des proj ectionS
tant son peu précises sur les effets de changements éventuels.
