———————————————_ Introduction
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concentration en gaz carbonique dans l’atmosphère, nous ne sommes générale—
ment pas en mesure de prévoir avec précision la réponse des espèces etdes
populations, et nous cônnaissons mallerôle de la biodiversité dans le fonction—
nement des‘ écosystèmes. Or, si la majorité des réSultats de la recherche met.
bien en évidence l’importance de la diversité dans le maintien des communau—
tés biologiques, il existe à chaque' niveau d’organisation du vivant quelques
exemples de situations n’obéissant pas à cette règle. On s’interroge encore sur
le degré de stabilité que confère la complexité... Bien que la richesse biologique
d’une comrhunauté paraisse à première vue le garant de son adaptabilité et de sa
robustesse, les espèces ne partiCipent probablement pas toutes aussi efficace—
ment au fonctionnement de l’écosystème : certaines ont une fonction indispen—
sable à la vie de l’ensemble et leur disparition a des conséquences fatales pour
toutes ; d’autres ne rendent pas à la communauté un service identique, soit que
leur fonction
être assurée autrement, soit qu’elles n’aient pas d’utilité
évidente. L’agriculture a d’ailleurs très bien réussi au cours des siècles à entre—
tenir des écosystèmes relativement stables et simples moyennant une judicieuse
utilisation des aptitudes de chaque parcelle, des aménagements possibles, des
rotations culturales etdes restitutions auxsols. Ces systèmes ne comportent
qu’un petit nombre d’espèces animales et végétales. Il en va de même dans les
forêts artificielles (les chênes de Tronçais ou les pins des Landes...). La simpli—
cité de ces systèmes n’est peut être cependant qu’une apparence : elle est
déduite du petit nombre d’espèces sciemment entretenues. Que savons nous
dans chaque cas du cortège des insectes ou des microorganismes du sol ? Ils
peuvent avoir aussi participé de façon discrète mais complexe à la réalisation
des équilibres observés...
En fait, depuis le néolithique, les sociétés humaines ont cherché par la
culture
et l’élevage à maîtriser la nature pour assurer leur croissance démographique,
puis leur expansion économique. Pour réaliser ces objectifs, il leur a fallu utili—
ser toujours plus de ressources et transformer les milieux en substituant un
ordre biologique nouveau à celui qui existait auparavant. Jusqu’à la seconde
moitié de ce siècle, l’hypothèse implicite était que les ressources naturelles
étaient illimitées. L’accélération des transformations et la disparition d’écosys—
tèmes naturels laissent maintenant apparaître qu’il n’en est rien, et font prendre
conscience que le temps de l’exploitation sans contrôle est révolu. Les idées de
conservation et de développement durable ont commencé à se répandre. La
pression apparaît telle que la question de la biodiversité est aujourd’hui sortie
du cabinet du scientifique, elle se pose à chacun. Elle est devenue l’objet d’un
débat politique et elle justifie les résolutions adoptées en 1992 par la plupart des
Etats (dont la France) a la Conférence de Rio. Ici ou là, elle tourne même au
mythe et échappe àla raison.
L’objectif premier de ce rapport est d’aider à discerner l’acquis du putatif, de
corps des hypothèses et des théories que le scientifique élabore sur
cette question, d’exposer les démarches qu’il met en œuvre pour valider ou
infirmer sa réexion. En second lieu, ce rapport examine comment peut se faire
le transfert des connaissances à ceux qui en ont besoin pour décider et agir,
gérer et produire. L’ensemble conduit à des suggestions et des recommanda—
tions.
La biodiversité est abordée à partir de la perception, guidée par la facilité
d’accès, que chacun en a : biodiversité des microorganismes, biodiversité des
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