Introduction générale
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L’utilisation des poissons dans le suivi de la contamination métallique des milieux marins est
aujourd’hui une approche pertinente, car elle permet de répondre aux difficultés analytiques liées
à la présence des métaux à faible dose dans l’eau, d’intégrer la contamination dans le temps et de
renseigner sur la biodisponibilité des métaux et leur potentiel toxique. Sur les côtes algériennes,
plusieurs travaux en utilisant des poissons pour l’évaluation de la contamination métallique ont été
réalisés, notamment, au niveau du secteur Ouest (Boutiba, 1992 et Boutiba et al., 1996 sur les
mammifères marins; Merbouh, 1998 sur la sardine (Sardina pilchardus); Aoudjit, 2001 sur la
bougue (Boops boops); Benadda, 2009 sur le saurel (Trachurus trachurus); Ayad, 2010 sur le sar
(Diplodus sargus); Benamar, 2011 sur l’allache (Sardinella aurita); Belhoucine, 2012 sur le merlu
(Merlucius merlucius) et Bentata-Keddar, 2015 sur le rouget de vase (Mullus barbatus). En effet,
les poissons choisis dans la présente étude, le merlu Merluccius merluccius (Linnaeus, 1758), le
pageot commun Pagellus erythrinus (Linnaeus, 1758) et le rouget de vase Mullus barbatus
(Linnaeus, 1758) sont des poissons à forte valeur commerciale, ils font partie des espèces
démersales vivantes à proximité des sédiments marins. Ils sont, de ce fait, recommandés comme
bioindicateurs de la qualité du milieu marin.
Comme dans de nombreux pays en voie de développement, la zone côtière algérienne a connu de
graves détériorations en raison de l’urbanisation anarchique et de l’industrialisation, notamment,
dans les grandes métropoles industrielles (Skikda, Arzew, Alger et Annaba), et qui déversent leurs
déchets solides et liquides dans la mer directement ou après un traitement limité. Ainsi, cette
contamination en ETM peuvent être dues à plusieurs facteurs, incluant la construction de pipelines,
le traitement et l'élimination des eaux usées, le ruissellement, l'exploitation minière, les activités
industrielles et portuaires et le développement urbain (Balls et al., 1997; Morton et Blackmore,
2001; Nriagu, 1996; Taylor et McLennan, 1995 et Zingde et al., 1988). Les rivières sont aussi une
autre source de métaux particulaires sur les plateaux continentaux (Roussiez et al. 2006 ;
Radakovitch et al., 2008). Le trafic maritime et les rejets domestiques non traités de 16 millions
d’habitants (ONS, 2016), sont d’autres facteurs qui influencent la contamination dans cette zone
côtière. Toutefois, malgré cette pression croissante, seules quelques recherches concernant la
contamination métallique des sédiments et des biotes de la côte algérienne ont été publiés (MPRH,
2008, Belhoucine, 2012 ; Benguedda-Rahal, 2012 ; Rouane-Hacene et al., 2012; Inal et al., 2014;
Bentata-Keddar, 2015 et Haddou, 2017) et aucun d'entre eux n'a discuté des risques écologiques
et des effets biologiques associés.
Récemment, Belhadj et Aubert (2017), montrent que les sédiments du golf de Ghazaouet (secteur
Ouest) sont fortement pollués par le Zn, Cd, Cu et Pb issus d'un grand complexe industriel
d'électrolyse du zinc et de la lixiviation de l’élimination des résidus de l’exploitation du minerai.
Ainsi, l’étude réalisée par (Borsali-Mrabet, 2015), a montrée l’importance de l’utilisation du
rouget de roche comme bioindicateur de la contamination métallique des eaux dans la baie d’Oran.
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