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POISSONS
D’EAU DOUCE
Avant l’érection des Pyrénées puis des Alpes. le territoire français
était en e'cl, en ce qui concerne la partie située au nord (les soulèvementS
anciens de la région du massif central, le cap avancé de l’Europe ct,
pour
la partie sud, la zone la plus nordique (les territoires émergés attenant
{\ la péninsule ibérique.
Cel Ülal (le {'ilOSK‘S a donné à notre faune piscicole une physionomie
dont elle porte encore les marques aujourd‘hui, la plupart des espèces
qui peuplent nos eaux douces étant apparues dans la période tertiaire
précédant l’érection des Pyrénées, puis celle plus récente des Alpes. C’est
ainsi que la présence. en Espagne, de la sous-espèce Leuciscus cephalus
cubeda, qui existe seule, sans l’espèce type, au sud des Pyrénées, porto
témoignage des anciennes liaisons avec la péninsule ibérique, alors que
la Vandoise, vraisemblablement apparue plus tardivement met en évidence
l’efcacité de la barrière pyrénéenne.
L’absence en Espagne, au moins à l’état autochtone, du Brochet et
dela Perche situe leur apparition postérieurement à l’érection des Pyrénées
et antérieurement à celle des Alpes, puisque ces deux espèces existent,
naturellement, dans le bassin du Pô.
Le Blageon enn représente, du côté des Alpes, un problème analogue
à celui des Chevaines dans les Pyrénées ;il est toutefois mieux tranché,
l’ensemble des formes du côté français des Alpes différant nettement
par la moyenne de ses caractères de la forme italienne.
Pour l’ensemble du territoire français on a observé et on observe
encore, de nos jours, une progression est—ouest des espèces. Ce mouvement
a
d’ailleurs été grandement facilité par le développement du réseau des
canaux navigables qui ont créé des voies de communication entre les
divers bassins uviaux.
La famille des Percidés offre un bon exemple de cette extension.
La Perche commune qui peut être considérée comme une espèce autoch—
tone dans la partie nord de la France, a accédé aux régions méridionales
de notre pays à une date relativement récente. C’est seulement vers
le début du xix9 siècle qu’elle gagne
le bassin de la Garonne et celui
de l’Hérault. La Grémille, partant du bassin de la Saône, a envahi peu
‘a peu le bassin de la Seine et de la Loire. Elle n’a pas encore gagné la
Bretagne. Le canal de Nantes à Brest le lui permet cependant. Ce qui
montre bien que si l’existence de canaux facilite une extension, il faut
une cause déterminante à cette extension.
Le Sandro enn est une acquisition toute récente pour notre pays et
le fait que sa distribution est accélérée par des empoissonnements systé—
matiques ne doit pas masquer la réalité de son mouvement naturel d’ex—
pension.
Le Hotu est un autre exemple de cette expansion vers l’Ouest et le
Sud—Ouest. Cette espèce de l’Europe centrale, présente certainement
depuis longtemps dans le nord-est de notre pays puisque, dès 1558,
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