Analyse des impacts environnementaux potentiels du forage pétrolier offshore dans le cadre de
l’Analyse du Cycle de Vie (ACV)
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En situation ordinaire, le risque de pollution existe également même si beaucoup d’efforts
sont entrepris par les industriels pour la minimisation du volume des rejets de forage et
l’amélioration de la formulation chimique des fluides. L’impact environnemental de cette
pollution est d’autant plus important en raison de la nature des polluants émis. Ceci est dû à la
composition chimique des boues de forage utilisés, surtout dans les sections profondes du
puits (16’’, 12’’, 8’’, 6’’) où les fluides à base d’huile (WBM), donc, jusqu’à de 90% de
gasoil sont injectés.
Les polluants les plus généralement identifiés par les auteurs et les différents rapports des
agences environnementales et organismes internationaux sont les hydrocarbures, en
particulier les fractions aromatiques, les sels et les métaux lourds (Gazi et al.2008). Ces
derniers peuvent être d’origine naturelle puisqu’ils se trouvaient initialement dans les déblais
de roches forées des différentes couches géologiques traversées. Les teneurs totales les plus
élevées dans les déblais (cuttings) sont donc liées au fond géochimique local. Il y a aussi une
autre source des ces polluants métalliques qui est liée à la composition des additifs chimiques
utilisés dans la formulation des boues pour remplir des fonctions spécifiques dans le forage
des différentes sections du puits. En général, les métaux les plus incriminés sont l'arsenic, le
zinc, le baryum, le cadmium, le chrome, le plomb et le mercure (Ghazi M 2010). Parfois, le
même polluant métallique peut provenir à la fois des roches forées et des additifs. A titre
d’exemple, le baryum peut provenir localement des formations géologiques mais aussi des
agents alourdissants de la baryte, qui est un minéral utilisé pour le contrôle de la densité.
Les émissions potentielles de polluants dans le milieu marin peuvent se produire tout au long
du cycle de vie de cette activité industrielle mais elles sont plus importantes pendant ces
étapes :
 Les émissions à l’eau et aux sédiments marins qui sont liées aux pertes de circulation
pendant le forage du puits. Il s’agit d’une mixture de polluants dont les hydrocarbures,
les métaux, les sels et d’autres substances toxiques en raison de la composition des
fluides de forage. Les teneurs totales de ces polluants dépendent à la fois des volumes
de perte, de la composition variable des fluides pour chaque section ou phase du puits
et enfin de la profondeur du puits. Les conditions physico-chimiques et
bathymétriques locales jouent un rôle primordial dans le comportement de ces
polluants en favorisant leur transfert ou/et certains processus biogéochimiques telles
que la bioturbation, la biodégradation (aérobie ou anaérobie), la spéciation chimique,
la biodisponibilité et la bioaccumulation (Fig.11).
 Les émissions à l’air et leur dépôt atmosphérique, soit dans la zone de la plateforme
offshore sur la surface de l’eau, soit plus loin au large ou sur la terre selon les vents et
la taille des particules émises. Ces émissions sont principalement liées au circuit
continu des boues remontées du puits dans le dispositif mécanique des opérations de
déshuilage et centrifugation par les tamis vibrants et les centrifugeuses. Ces émissions
sont essentiellement des composés organiques volatils (COVs) qui sont les fractions
d’hydrocarbures légères comme les oxydes de carbone, le méthane et le benzène ainsi
que certains métaux comme le mercure (Ghazi M. et al 2011).
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