CHAPITRE I
La pollution du milieu marin par les hydrocarbures et
les procédés de remédiation
31
d’éliminer ces polluants ou de les rendre moins toxiques. C’est pourquoi de nombreuses
méthodes et techniques ont vu le jour afin de tenter de réhabiliter les sites pollués par les
hydrocarbures. L’intérêt d’une méthode se mesure à son efficacité, à son coût, à la facilité de
sa mise en œuvre, à la qualité des effluents obtenus après traitement ainsi qu’à la facilité de
retraitement des sous-produits générés (Vogel et Ballerini, 2001). La dépollution peut être
mise en œuvre à travers plusieurs méthodes associant éventuellement de plusieurs techniques
de manière séquentielle (Miyasaka et al., 2006). Ces traitements peuvent être physiques,
chimiques ou biologiques.
I.7.1 Réhabilitation non biologique des sites pollués par les hydrocarbures.
I.7.1.1 La récupération mécanique.
La récupération mécanique des hydrocarbures est essentiellement fondée sur l'écrémage de la
couche huileuse étalée à la surface de l'eau. Pour cela, les hydrocarbures peuvent être d'abord
déviés et confinés par des barrages flottants avant d'être récupérés par divers systèmes
mécaniques qui, passant à l'interface eau/huile, écrèment les hydrocarbures surnageant. Cette
récupération nécessite des écrémeurs, des pompes, des techniques de collecte manuelle ainsi
que du matériel non spécialisé tel que des citernes à dépression. Dans ce domaine, plusieurs
systèmes de récupération mécanique et de confinement ont été développés. Malheureusement,
ces équipements, quelle que soit leur valeur, atteignent trop rapidement leurs limites lorsque
les conditions de mer deviennent difficiles, Lorsque les conditions d’agitation de la surface de
la mer sont supérieures à 2 Beaufort le confinement de la nappe devient impossible du fait
d’une dispersion naturelle de la nappe de pétrole (Merlin, 2005 ; Milinkovitch, 2011).
I.7.1.2 Allègement et brûlage.
La récupération en mer et sur le littoral est toujours difficile et très partielle. L’allégement
consiste à transférer vers un autre navire ou une barge la cargaison de pétrole d’un navire. Il
peut être nécessaire de faire appel, pour cela aux moyens de navires supplémentaires ou à des
moyens mobiles, hélitreuillés sur les navires en difficulté.
Le brûlage sur site est une solution complémentaire à l’allégement pour réduire les quantités
de pétrole susceptibles de polluer les eaux. Il peut intervenir quand l’accident lui-même
résulte d’une explosion, ou quand une étincelle a produit un incendie au moment du
déversement. Le brûlage ou « in situ burning », permet la combustion quasi-complète de la
nappe de pétrole. Employée lors des catastrophes du Torrey Canyon et de l’Exxon Valdez,
cette technique est néanmoins rarement utilisée, sa mise en oeuvre se heurtant à de nombreux
La pollution du milieu marin par les hydrocarbures et
les procédés de remédiation
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d’éliminer ces polluants ou de les rendre moins toxiques. C’est pourquoi de nombreuses
méthodes et techniques ont vu le jour afin de tenter de réhabiliter les sites pollués par les
hydrocarbures. L’intérêt d’une méthode se mesure à son efficacité, à son coût, à la facilité de
sa mise en œuvre, à la qualité des effluents obtenus après traitement ainsi qu’à la facilité de
retraitement des sous-produits générés (Vogel et Ballerini, 2001). La dépollution peut être
mise en œuvre à travers plusieurs méthodes associant éventuellement de plusieurs techniques
de manière séquentielle (Miyasaka et al., 2006). Ces traitements peuvent être physiques,
chimiques ou biologiques.
I.7.1 Réhabilitation non biologique des sites pollués par les hydrocarbures.
I.7.1.1 La récupération mécanique.
La récupération mécanique des hydrocarbures est essentiellement fondée sur l'écrémage de la
couche huileuse étalée à la surface de l'eau. Pour cela, les hydrocarbures peuvent être d'abord
déviés et confinés par des barrages flottants avant d'être récupérés par divers systèmes
mécaniques qui, passant à l'interface eau/huile, écrèment les hydrocarbures surnageant. Cette
récupération nécessite des écrémeurs, des pompes, des techniques de collecte manuelle ainsi
que du matériel non spécialisé tel que des citernes à dépression. Dans ce domaine, plusieurs
systèmes de récupération mécanique et de confinement ont été développés. Malheureusement,
ces équipements, quelle que soit leur valeur, atteignent trop rapidement leurs limites lorsque
les conditions de mer deviennent difficiles, Lorsque les conditions d’agitation de la surface de
la mer sont supérieures à 2 Beaufort le confinement de la nappe devient impossible du fait
d’une dispersion naturelle de la nappe de pétrole (Merlin, 2005 ; Milinkovitch, 2011).
I.7.1.2 Allègement et brûlage.
La récupération en mer et sur le littoral est toujours difficile et très partielle. L’allégement
consiste à transférer vers un autre navire ou une barge la cargaison de pétrole d’un navire. Il
peut être nécessaire de faire appel, pour cela aux moyens de navires supplémentaires ou à des
moyens mobiles, hélitreuillés sur les navires en difficulté.
Le brûlage sur site est une solution complémentaire à l’allégement pour réduire les quantités
de pétrole susceptibles de polluer les eaux. Il peut intervenir quand l’accident lui-même
résulte d’une explosion, ou quand une étincelle a produit un incendie au moment du
déversement. Le brûlage ou « in situ burning », permet la combustion quasi-complète de la
nappe de pétrole. Employée lors des catastrophes du Torrey Canyon et de l’Exxon Valdez,
cette technique est néanmoins rarement utilisée, sa mise en oeuvre se heurtant à de nombreux
