CHAPITRE I
La pollution du milieu marin par les hydrocarbures et
les procédés de remédiation

 

 
25
 
température ambiante et des circulations d’air. Ces processus augmentent progressivement la
viscosité de l’hydrocarbure déversé, mais réduisent aussi le volume et la toxicité aiguë de
l’hydrocarbure résiduel. Dans le cas où l’hydrocarbure demeurerait à la surface pendant
plusieurs heures ou plusieurs jours, le processus de vieillissement pourrait laisser un résidu
collant dont la toxicité serait relativement faible. La proportion de l’hydrocarbure résiduel
varie d’une absence totale d’hydrocarbure à la quantité initiale d’hydrocarbure déversée. Par
exemple, 10 tonnes d’essence déversée dans une mer tropicale pendant un paisible jour d’été
(25°C) s’évaporeront complétement en moins de trois heures ; en mer arctique, elles
s’évaporeraient en l’espace de six heures lors d’une paisible journée d’hiver (5°C) ;
cependant, dans les mêmes conditions, un carburant lourd perdra respectivement seulement
20 % et 15 % de son volume, après quatre jours d’évaporation (NOAA, 2010).
I.4.3 Dissolution.

 
Alors que la plupart des hydrocarbures présentent une faible solubilité dans l’eau (y compris
les eaux de mer) et peuvent ainsi être définis comme insolubles, certains des hydrocarbures
aromatiques les plus légers, comme le benzène et le toluène, sont un peu plus solubles. Ainsi,
lorsque l’hydrocarbure est déversé en mer, une faible proportion est dissoute ; la quantité et la
vitesse de dissolution dépendent de la composition et de la viscosité de l’hydrocarbure. La
fraction soluble dans l’eau a un impact sur les organismes marins, dans la mesure où elle est
plus biodisponible que la fraction insoluble, et souvent sa toxicité aiguë est plus élevée. Des
concentrations élevées en hydrocarbures de ce type sont généralement limitées aux eaux à
proximité immédiate du déversement, la dilution rapide intervenant de manière horizontale et
verticale. La biodégradation des hydrocarbures solubles dans l’eau est généralement rapide
(Soltani, 2004).
I.4.4 Dispersion.

 
L’action des vagues ou les autres formes d’agitation de l’hydrocarbure sur l’eau, entraînera la
formation de gouttelettes d’hydrocarbures qui se mélangeront à la colonne d’eau; plus
l’agitation sera importante, plus la probabilité de mélange sera élevée. Dans la plupart des cas,
que les hydrocarbures soient déversés en surface au fond ou sur la côte, la majeure partie sera
au final dispersée. Les plus grosses gouttelettes mélangées à la colonne d’eau remontent
rapidement à la surface ; alors que les petites gouttelettes, moins dynamiques, ne remontent
pas à la surface ; elles se dispersent horizontalement et verticalement dans la colonne d’eau.
L'étendue et la profondeur du mélange dépendent de l’action des vagues et des courants
Précédent

Isolement et caractérisation des bactéries marines dégradant les différentes fractions du pétrole : cas d’étude : port de Sidi Fredj - 43/241

Suivant