Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Résultats et discussions
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Cette partie sera consacrée à l’étude des masses d’eaux qui caractérisent notre zone d’étude
(Bassin Algérien) ainsi qu’à une meilleure compréhension du cycle du carbone et des équilibres
du système des carbonates durant l’été 2014.
Etude hydrologique du bassin Algérien durant l’été 2014
En se basant sur les données de la campagne SOMBA GE-2014, la détermination des masses
d’eau a été réalisée à l’aide des digrammes θ/S (Figure 26). La Figure 26.a montre clairement
deux tendances similaires mais avec un léger décalage entre les eaux qui pénètrent dans le
bassin Algérien et celles qui ont eu le temps de prendre les caractéristiques de la Méditerranée.
En effet, les diagrammes θ/S sont un outil puissant pour suivre la modification progressive des
masses d’eau à partir de leur source (Moutin et Prieur, 2012).
Les eaux de surface sont caractérisées par les AW qui pénètrent dans le bassin Algérien par le
front Almeria-Oran avec une salinité de signature Atlantique (36,7) et une température
moyenne de 26,5°C (Figure 26.a). Ces eaux longent les côtes algériennes sur une profondeur
de 150 m en formant le courant Algérien. Une circulation à méso-échelle importante est aussi
notée, caractérisée par des tourbillons anticycloniques. L'enfoncement des iso-lignes de salinité,
visible sur la section est/ouest au niveau de 6°E/38°N, est dû à la présence dans cette région
d’un tourbillon anticyclonique dont l’effet est notable sur toute la colonne d’eau (Figure 26.d).
Tout au long de leur parcours vers l’est, les AWs deviennent de plus en plus salées pour
atteindre une salinité de 38,5 au canal de Sardaigne (MAW). Le nord-est du bassin Algérien,
quant à lui, est caractérisé uniquement par des MAWs.
Les eaux intermédiaires sont représentées principalement par les LIWs, caractérisées par leur
minimum d’oxygène (UAO entre 80 et 100 µmol/kg), qui pénètrent par le canal de Sardaigne
avec des températures entre 13,6 °C et 14,17 °C et des salinités entre 38,5 et 38,75 atteignant
les 1000 m de profondeur (Figure 26.b et Figure 26.d). Ce phénomène est rencontré également
dans la mer Tyrrhénienne en raison de la densité élevée des LIW qui subissent un important
mélange vers le bas pouvant atteindre 1800 m de profondeur (Millot, 1999; Roether et Lupton,
2011).
L’étude de la section est/ouest (Figure 26.d) montre une distinction hydrologique divisant le
bassin Algérien en deux compartiments avec des caractéristiques différentes. Ceci peut être
expliqué par les deux gyres cycloniques du bassin Algérien, centrés vers 6,5°E/38°N (gyre Est),
et 2,5°E/37,5°N (gyre Ouest), observés par Testor et al. (2005b) et confirmés par les mesures
LADCP de la campagne SOMBA. Ces deux gyres induiraient une séparation hydrologique vers
3,5°E.
La partie orientale est caractérisée par des eaux plus chaudes et plus salées puisque le corps des
LIW est situé dans la partie est du bassin (Hainbucher et al., 2015). La partie ouest est
caractérisée par la présence de LIW plus anciennes et ayant subi plus de mélanges avec les eaux
environnantes.
Les LIW qu’on retrouve au centre du bassin sont caractérisées par des températures de 13,01–
13,57°C et des salinités de 38,39–38,5 avec des profondeurs pouvant atteindre les 800 m. Ces
eaux sont probablement le résultat de l’arrachement d’eaux Levantines récentes longeant les
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Pénétration du carbone anthropique en Méditerranée occidentale: étude de l’acidification des eaux marines - 87/195

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