Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | La Méditerranée
43
La variabilité des concentrations de surface est influencée par l’entrée des eaux atlantiques
froides par le détroit de Gibraltar ainsi que par les gradients oligotrophique et thermohalin qui
caractérisent la Méditerranée (Álvarez et al., 2014; Gemayel et al., 2015; Schneider et al., 2007;
Touratier et Goyet, 2011). Les résultats de cette étude sont dans la même gamme que ceux de
Lovato et Vichi (2015) qui ont proposé un modèle de régression pour le TCO2 en utilisant les
données de la campagne M84/3 sur toute la colonne d’eau. Hassoun et al. (2015b) ont proposé
quant à eux, une régression pour chaque sous bassin de la Méditerranée en utilisant les données
de la campagne MedSea (2013) et retombent sur la même gamme. Néanmoins, pour ces études,
l’AT a été dérivée à partir de régression en fonction de la salinité.
Cossarini et al. (2015) aboutissent à des résultats relativement similaires en étudiant la
distribution de l’AT en Méditerranée en intégrant les observations à un modèle de transport
biogéochimique 3D (2400–2700 µmol/kg) (Cossarini et al., 2015). En plus du gradient croissant
vers l’est du bassin, ces auteurs décèlent des gradients secondaires négatifs, du nord vers le sud
dans la Méditerranée occidentale, liés aux apports terrestres.
Figure 10: Variabilité spatiale de surface de: (a) l’Alcalinité totale (AT), (b) le carbone inorganique
total (TCO2). Les données représentent des moyennes sur sept ans (2005–2012) (Gemayel et al., 2015)
Dans les eaux de surface, les concentrations du TCO2 varient entre 2110 µmol/kg dans la mer
d’Alboran et 2240 µmol/kg dans la mer Levantine (Lovato et Vichi, 2015). Les eaux
intermédiaires et profondes du bassin occidental sont caractérisées par les plus fortes
concentrations de TCO2 avec un maximum de 2321 ± 12 µmol/kg dans les couches
intermédiaires du bassin Algéro-provençal (Hassoun et al., 2015b). La distribution du TCO2 en
profondeur, montre des tendances opposées à celles de l’AT (Figure 11) avec de plus fortes
concentrations à l'Ouest de la Méditerranée (Álvarez et al., 2014; Touratier et al., 2012).
Touratier et Goyet (2011) expliquent ceci par une plus grande accumulation de carbone
anthropique, liée à la ventilation plus rapide de ce bassin. En effet, une augmentation graduelle
des concentrations a été observée à travers les années (e.g., Hassoun et al., 2015a; Touratier et
al., 2012).
Pour ce qui est de la distribution verticale de l’AT et du TCO2, une augmentation des
concentrations avec la profondeur est notée pour les deux paramètres avec un maximum au
niveau de la couche intermédiaire, caractérisée par les salinités les plus importantes du bassin.
Les taux élevés de TCO2 sont le résultat des taux de reminéralisation élevés (Copin‐Montégut,
1993; La Ferla et al., 2003) ainsi que des apports des rivières et de la mer Noire (Hassoun et
43
La variabilité des concentrations de surface est influencée par l’entrée des eaux atlantiques
froides par le détroit de Gibraltar ainsi que par les gradients oligotrophique et thermohalin qui
caractérisent la Méditerranée (Álvarez et al., 2014; Gemayel et al., 2015; Schneider et al., 2007;
Touratier et Goyet, 2011). Les résultats de cette étude sont dans la même gamme que ceux de
Lovato et Vichi (2015) qui ont proposé un modèle de régression pour le TCO2 en utilisant les
données de la campagne M84/3 sur toute la colonne d’eau. Hassoun et al. (2015b) ont proposé
quant à eux, une régression pour chaque sous bassin de la Méditerranée en utilisant les données
de la campagne MedSea (2013) et retombent sur la même gamme. Néanmoins, pour ces études,
l’AT a été dérivée à partir de régression en fonction de la salinité.
Cossarini et al. (2015) aboutissent à des résultats relativement similaires en étudiant la
distribution de l’AT en Méditerranée en intégrant les observations à un modèle de transport
biogéochimique 3D (2400–2700 µmol/kg) (Cossarini et al., 2015). En plus du gradient croissant
vers l’est du bassin, ces auteurs décèlent des gradients secondaires négatifs, du nord vers le sud
dans la Méditerranée occidentale, liés aux apports terrestres.
Figure 10: Variabilité spatiale de surface de: (a) l’Alcalinité totale (AT), (b) le carbone inorganique
total (TCO2). Les données représentent des moyennes sur sept ans (2005–2012) (Gemayel et al., 2015)
Dans les eaux de surface, les concentrations du TCO2 varient entre 2110 µmol/kg dans la mer
d’Alboran et 2240 µmol/kg dans la mer Levantine (Lovato et Vichi, 2015). Les eaux
intermédiaires et profondes du bassin occidental sont caractérisées par les plus fortes
concentrations de TCO2 avec un maximum de 2321 ± 12 µmol/kg dans les couches
intermédiaires du bassin Algéro-provençal (Hassoun et al., 2015b). La distribution du TCO2 en
profondeur, montre des tendances opposées à celles de l’AT (Figure 11) avec de plus fortes
concentrations à l'Ouest de la Méditerranée (Álvarez et al., 2014; Touratier et al., 2012).
Touratier et Goyet (2011) expliquent ceci par une plus grande accumulation de carbone
anthropique, liée à la ventilation plus rapide de ce bassin. En effet, une augmentation graduelle
des concentrations a été observée à travers les années (e.g., Hassoun et al., 2015a; Touratier et
al., 2012).
Pour ce qui est de la distribution verticale de l’AT et du TCO2, une augmentation des
concentrations avec la profondeur est notée pour les deux paramètres avec un maximum au
niveau de la couche intermédiaire, caractérisée par les salinités les plus importantes du bassin.
Les taux élevés de TCO2 sont le résultat des taux de reminéralisation élevés (Copin‐Montégut,
1993; La Ferla et al., 2003) ainsi que des apports des rivières et de la mer Noire (Hassoun et
