Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Conclusion
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Cette étude, la première à couvrir le bassin Algérien dans son intégralité, est basée sur une
nouvelle base de données acquise durant l’été 2014 (campagne SOMBA). Elle vise à mieux
comprendre le système des carbonates et la distribution de ses paramètres dans le bassin.
La distribution verticale du C
ant
et de l’UAO dans le bassin Algérien est localement affectée par
l’importante activité à méso-échelle du bassin Algérien. Les tourbillons anticycloniques piègent
de vieilles eaux qui sont caractérisées par des concentrations relativement plus faibles de C
ant
et plus fortes d’UAO. Néanmoins, au voisinage de ces tourbillons, des eaux riches en C
ant
sont
observées en profondeur. Ces eaux, qui ne montrent pas de signal dans la distribution de l’UAO,
pourraient être expliquées par l’effet de SCVs. L’activité à méso-échelle et sous-méso-échelle
semble, de ce fait, avoir une grande influence sur la séquestration du C
ant
par l’augmentation de
la ventilation du bassin.
Durant l’été 2014, les eaux de surface du bassin Algérien ont joué le rôle de source de CO2 pour
l’atmosphère (+2,33 ± 2 mmol.m - ².j -1 ), à l’exception de sa partie sud-ouest qui était un puits de
CO2 en raison d’une activité biologique plus importante dans cette zone. Les vents expliquent
une grande partie de la variabilité des flux (51,3 %), suivi des processus biologiques et de la
température (29,5 % et 19,2 %, respectivement).
Cette étude montre également que les deux méthodes testées (MCM et TrOCA) aboutissement
à des distributions et concentrations similaires de C
ant
(~50–115 µmol/kg), aux incertitudes près
de chaque méthode. L’inventaire du C
ant
séquestré par le bassin Algérien est estimé à 0,44–0,53
± 0,06 Pg C, de la période préindustrielle jusqu’à 2014. Cet inventaire est principalement
conditionné par les caractéristiques intrinsèques de la Méditerranée, la bathymétrie ainsi que
les processus physiques à méso-échelle (tourbillons anticycloniques) de la région.
L’accumulation de ce C
ant
, en raison de l’augmentation des concentrations atmosphériques du
CO2 et au rapide temps de renouvellement des eaux profondes entre 2005 et 2013, a causé une
acidification des eaux du bassin de l’ordre de -0,19 à -0,1 unité de pH. Ceci est accompagné
d’une diminution du degré de saturation des CaCO3 de -0,9 à -1,06 ± 0,15 pour la calcite et de
-0,59 à -0,69 ± 0,09 pour l’aragonite. Néanmoins, les eaux du bassin restent sursaturées en
carbonates de calcium (calcite et aragonite). Cette tendance persistera probablement, tant que
l’augmentation de la température des eaux de surface compensera partiellement cette
acidification par la diminution du produit de solubilité des CaCO3.
Les régimes de vent relativement moyens enregistrés en Méditerranée occidentale durant
l’année 2011 ainsi que la similarité des résultats obtenus pour différentes formules d’estimation
de la vitesse de transfert de gaz à l’interface air-mer, suggèrent que l’utilisation de l’équation
de Wanninkhof et al. (2014) donne des résultats satisfaisants.
La Méditerranée occidentale a joué le rôle de source de CO2 pour l’atmosphère durant l’année
2011 avec un flux net de +0,17 à +0,24 Téramole C/an. Les sources les plus importantes sont
localisées dans les sous bassin Algérien et Tyrrhénien. Le sous bassin Liguro-provençal est un
puits de CO2, alors que l’Alboran est proche de l’équilibre. La présente étude suggère que la
Méditerranée occidentale est passée d’un puits (1980s-2000s) à une source de CO2 en 2011.
Les principaux résultats de cette thèse sont résumés dans la Figure 54.
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