182
Par ailleurs, le succès de la surveillance et de l’évaluation de l’efficacité de l’AMP dépend de
la pertinence des objectifs (García-Charton et al., 2008 ; Batista et al., 2011). Le fait que ces
derniers soient mal définis et que le plan de gestion est peu clair complique l’évaluation de
l’efficacité des AMP (Pomeroy et al., 2005). Il est a noté que « 50% seulement des AMP
méditerranéennes possèdent un plan de gestion et des objectifs clairs » (Montbrison et al.,
2012).
Pour le cas du projet de l’AMP de Gouraya, l’analyse de la mobilisation des acteurs par rapport
aux objectifs par la méthode MACTOR a fait ressortir la sensibilisation et la participation
comme étant les objectifs les plus mobilisateurs. Cela confirme la nouveauté du concept des
AMP qui n’est toujours pas approprié par l’ensemble des usagers dans le contexte local. Il est
donc primordial de bien communiquer sur les objectifs et en s’assurant de leur bonne réception
auprès des parties prenantes.
7.7.1 Elaborer le zonage adéquat
Les différentes expériences méditerranéennes ont démontré que les zonages les plus
contraignants ne garantissaient pas nécessairement la conservation et la reconstitution des
écosystèmes. En revanche, un zonage co-construit avec les acteurs (notamment les pêcheurs)
flexible et permettant des activités de développement même à l’intérieur des aires protégées est
plus susceptible de garantir l’implication des populations locales (PAC Maroc, 2010).
Le zonage doit être élaboré en étroite collaboration avec les pêcheurs pour garantir leur
appropriation et son respect par la suite. Par ailleurs, l’expérience du PNMI a démontré que les
cantonnements sont mieux acceptés par les pêcheurs, car ils constituent une forme de gestion
et non pas d’interdiction définitive.
Se superposer sur les attentes et les besoins des acteurs tout en respectant la raison d’être de
l’AMP devrait constituer l’objectif du zonage. Ce dernier devrait être affiné et basé sur un
travail scientifique en croisant les habitats naturels et les activités existantes afin de déterminer
les zones à protéger. Une concertation pourra ensuite être menée avec les pêcheurs et les autres
usagers afin d’intégrer leurs connaissances.
7.7.2 Suivre les évolutions du territoire
La carte d’identité de l’AMP doit correspondre au territoire et sa gestion devrait être basée sur
les composantes et les usages du site au départ. Par la suite, elle devra être amenée à suivre et
à s’adapter aux développements et aux tendances du territoire. Cette adaptation se fera à travers
le Conseil d’orientation, le plan de gestion et les actions proposées. De ce fait, les dispositifs
mis en place ne devraient pas être déconnectés de la réalité et des méthodes flexibles devraient
être prévues pour permettre d’évaluer, ajuster et modifier en permanence ; car il est
indispensable de vérifier constamment que l’outil répond aux besoins.
7.8 Mieux connaitre pour mieux gérer : S’appuyer sur le savoir et les
connaissances
Les gestionnaires rencontrés ont insisté sur la nécessité de s’appuyer sur des diagnostics fins
afin de mieux cibler la protection et appuyer une gestion efficiente.
Précédent

La gestion intégrée des parcs naturels côtiers: Cas du Parc National de Gouraya (PNC)? Bejaia - 190/243

Suivant