Impact de la température d’élevage sur le développement larvaire et le
déterminisme sexuel chez le Tilapia nilotica
Généralités
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I.6.3. Mécanismes impliqués dans la thermosensibilité :
L’intervention d’un signale environnementale dans l’orientation sexuelle de la gonade de
ces poissons n’exclut pas la possibilité d’un mécanisme physiologique commun, dont lequel
les hormones gonadiques serviraient d’effecteurs ultimes. Les expériences effectuées, aussi
bien en variant la température qu’en utilisant des hormones, mettent souvent en évidence
l’existence d’un stade sensible. L’existence d’un biofacteur biochimique commun est donc
vraisemblable (J.Mellinger, 2002).
L’attention est portée sur les variations d’activité d’une enzyme gonadique, P450
aromatase, qui permet la biosynthèse des œstrogènes à partir de la testostérone ou de la 11cito-testostérone, le stéroïde androgène majeur des Téléostéens (Borg, 1994 in J.Mellinger ;
Charles-Thibault, 1998 et Guiguen et al. in Baroiller, 1998). Cette enzyme est susceptible de
modifier les proportions d’hormones mâles et femelles secrétées dans les gonades au cours du
stade sensible. De ce fait, elle serait effectivement responsable de la différenciation du sexe
chez les vertébrés (Bogart, 1987 ; Elbrecht et Smith, 1992 ; Wibbels et Crews, 1994 in
J.Mellinger, 2002).
Le rôle primordial de l’activation du gène de l’aromatase dans la différenciation du sexe
gonadique est bien démontré dans le cas de la truite arc en ciel et du tilapia du Nile, en
utilisant des groupes expérimentaux entièrement femelle (XX) ou entièrement mâles (XY)
(Guigen et al, 1999 in J.mellinger, 2002). Le traitement des larves XX, encore indifférenciées
par un inhibiteur spécifique de l’aromatase (l’ATD) permet de les masculiniser. En absence
d’inhibiteur, l’activité de cette enzyme au moment de la différenciation gonadique spontanée
est des centaines de fois plus forte dans les gonades des larves femelles que dans celles des
mâles. Au contraire, les gonades des mâles et des femelles génétiques présentent des
concentrations identiques en ARNm spécifique du récepteur des œstrogènes et aucune
masculinisation n’est obtenue lorsqu’on traite les femelles par un inhibiteur de ce récepteur (le
tamoxifène) (J.Mellinger, 2002).
L’expression du gène de la P450 aromatase semble donc déterminante dans la
différenciation du sexe des Téléostéens, y compris dans les espèces où la température
ambiante intervient (D’Cotta et al., 2001 in J.Mellinger, 2002).
I.7. Le rôle des hormones dans le développement larvaire :
I.7.1. Le rôle du système GH/IGF :
Le système GH/IGF (Growth Hormon/ Insulin-like Growth Factor) possède un rôle
central dans la régulation des processus de croissance embryonnaire et larvaire (Riscell et al.,
1992 ; Baker et al., 1993 ; Baserga and Morrione, 1999 ; in Refesnon D et al.,.2002). D'après
Gabillard J.C et al (2005), toute élévation de la température entraîne une augmentation
spécifique du niveau circulant de la GH et stimule la production endocrine d'IGFl, qui serait
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