Dans la plupart des cas il y a deux écailles tentaculaires sur toute
la longueur des bras. Deux situations peuvent alors se présenter : pour
la première l’écaille externe est la plus. grande à la base des bras alors
qu’ensuite les deux écailles deviennent sub-égales, pour la seconde les
écailles sont pratiquement égales sur toute la longueur des bras. Mais
chez d’autres individus alors qu’il existe “bien deux écailles tentaculaires
à la base des bras i(l’écaille externe étant la plus grande) il n’y en a plus
qu’une sur la deuxième moitié (disparition de l’écaillé interne).l
_
Il est difficile de décrire toutes les formes de boucliers .buCcaux
que nous avons rencontrées car on y note une variabilité extrême. Néan—
moins, le plus souvent, le bord proximal est convexe tandis que du côté
distal un lobe se détache nettement alors que le reste du bord distal
peut être soit concave, soit convexe ou même une combinaison des:deux.
Mais, assez souvent, il existe également un lobe
composé
de deux « oreilles »— symétriques. Il arrive
que le lobe du bord
proximal ou celui du bord distal soit réduit à une pointe en angle très
aigu. Nous avons également rencontré,
un
individu, un bouclier
buccal tel que chacun des bords est f0rmé de deux côtés à peine concave
réunis par un angle obtu.
'
IV. —— DISCUSSION
_
La découverte d’un certain nombre d’individus isolés d’O. nigm
dans le bassin occidental de la Méditerranée à des distances élevées l’un
de l’autre laissait présager son existence en plusieurs autres— stations
intermédiaires. GUILLE [(1964 b) le soulignait parfaitement en écrivant
« il est très probable qu’elle se trouve en de nombreuses autres régions
de la Méditerranée >>. 'La découverte de cette ophiure' en Baie d’Alger
n’est donc pas très surprenante et ce d’autant plus que quelques spécimens
isolés avaient déjà été_capturés dans la région.
_
O. aigra est une espèce commune dans l’Atlantique et il était logique
d’imaginer la retrouver dans des zones où les inuences atlantiques
sont tout particulièrement marquées. La‘région d’Alger et tout le littoral
algérien répondent à cette condition car « le courant atlantique longe
étroitement les côtes algériennes... En principe le courant commence
au
rivage même et s’étend toujours à plus de 25 milles de l’Algérie»
(BERNARD, 1958). Ainsi, toutes les côtes algériennes sont à priori propices
à
la pénétration d’espèces atlantiques en Méditerranée. La présence
d’O. m'gm peut donc être considérée comme normale. Mais l’intérêt de
la découverte d’O. igM à Alger tient plus particulièrement au fait que
ce
sont
des populations importantes qui ont été mises en évidence.
Les deux exemplaires récoltés auparavant dans la région d’Alger, l’un
d’avant 1956, l’autre de 1972,
les quelques autres qui ont été mis
en collection au Centre (ces ophiures sont en effet très vraisemblablement
originaires de la région car elles sont morphologiquement
en
tout point
comparables à celles que nous avons récoltees et elles present—ent quelques
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