Chapitre IV : Radioactivité dans les sédiments : datation des sédiments, historique de la
pollution et évaluation radio-écologique
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1. Introduction
L'étude du
210 Pbxs dans les carottes de sédiments fournit des informations utiles sur le
fonctionnement des systèmes sédimentaires sur une échelle de temps de l’ordre de 100 ans
(Robbins, 1978, Carroll et Lerche, 2003, Mabit, 2014). Une autre information
chronostratigraphique indépendante peut être fournie par le radionucléide artificiel
137 Cs, qui a
été introduit dans l'environnement après les essais atmosphériques d'armes nucléaires, depuis
1945 (Robbins et Edgington, 1975; Sánchez et al, 1992; Abril, 2004).
Les modèles de datation des sédiments les plus couramment utilisés sont le CRS (en supposant
un flux de
210
Pbxs constant), le CIC (en supposant une concentration d'activité initiale du
210 Pbxs
constante) et le CF-CS (en supposant un flux de
210 Pbxs et une vitesse de sédimentation
constants).
Dans les systèmes fortement anthropisés, le flux du
210 Pb dans les sédiments peut montrer une
variabilité temporelle non aléatoire, ce qui conduit à l'échec de l’application des modèles
classiques de datation des sédiments (Abril, 2019).
Les études sur la radioactivité dans l'environnement marin le long de la côte algérienne
concernent essentiellement la répartition des radionucléides d'origine anthropique dans la
colonne d'eau (Lee et al., 2006, Noureddine et al., 2008), du
137 Cs dans l'eau de mer, les
sédiments de surface, ainsi que les carottes de sédiments à des profondeurs déterminées
(Noureddine et al., 2006).
La datation radiométrique utilisant le
210
Pb sur les sédiments récents a été appliquée à quelques
carottes de sédiments (Nouredine et al., 2008). La carotte de sédiment la plus proche de la baie
d'Alger a été collectée à une profondeur de 1220 m de la surface de l’eau.
Au cours des dernières décennies, la ville d'Alger a connu une augmentation intense de la
population, une forte urbanisation et une forte industrialisation, avec des flux de matière
organique et de polluants affectant la baie d’Alger. Deux grands oueds déversent les polluants
dans la baie d'Alger, à savoir Oued El-Harrach et celui d'El-Hamiz (réglementé par un barrage).
Benamar et al. (1999) ont rapporté des concentrations élevées de cuivre et de plomb dans les
sédiments superficiels des secteurs central et occidental de la baie, et au niveau du port d'Alger.
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