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Théorie en 30 secondes
98 g Intrication quantique
Observer la valeur
d’une seule particule
influe instantanément
sur l’autre.
BIOGRAPHIES EN 3 SECONDES
ALBERT EINSTEIN
1879–1955
Physicien allemand qui, bien
que sceptique, a contribué
à l’élaboration de la théorie
quantique.
BORIS PODOLSKY
1896–1966
Physicien américain qui aurait
rédigé l’expérience de pensée EPR.
NATHAN ROSEN
1909–1995
Scientifique israélo-américain
qui a travaillé à l’EPR et qui
a ultérieurement élaboré le
concept de trou de ver.
THÉORIES LIÉES
Voir aussi
L’ÉQUATION DE SCHRÖDINGER
page 42
LE PRINCIPE D’INDÉTERMINATION
D’HEISENBERG
page 48
L’INÉGALITÉ DE BELL
page 100
TEXTE EN 30 SECONDES
Brian Clegg
RÉFLEXION EN 3 MINUTES
L’EPR est quelque peu
déroutante puisqu’elle
fait à la fois référence à
l’impulsion et à la position
de la particule, ce qui
rappelle le principe
d’indétermination, mais
l’EPR aurait tout aussi bien
pu fonctionner avec une
seule propriété. Quand
Schrödinger a fait valoir
que l’utilisation de deux
propriétés enlevait tout
son sens à leur écrit,
Einstein a répondu qu’il
n’en avait absolument rien
à faire (« ist mit Wurst »,
en allemand populaire, se
traduit littéralement
« C’est pour moi de la
saucisse »).
CONDENSÉ EN 3 SECONDES
L’expérience de pensée
EPR d’Einstein, qui visait
à invalider la théorie
quantique, a démontré,
une fois mise à l’épreuve,
qu’Einstein avait tort.
En 1935, Einstein s’est joint à deux
jeunes collègues, Boris Podolsky et Nathan Rosen,
pour écrire un article savant qui, espérait-il,
prouverait que la théorie quantique est erronée.
Intitulée La description de la réalité physique
offerte par la mécanique quantique peut-elle être
considérée comme complète ?, la thèse est universellement connue sous l’appellation EPR, qui
correspond aux initiales de ses trois auteurs.
Dans cet article, on voit une particule se scinder
en deux, les nouvelles particules lancées dans des
directions opposées. Suivant la théorie quantique,
après un moment, l’impulsion des particules n’a
plus de valeur absolue, il reste simplement un
éventail de probabilités. Si l’on mesure l’impulsion
d’une seule particule, elle acquiert une valeur
précise et, instantanément, quelle que soit la
distance qui les sépare, l’impulsion de l’autre
particule doit, pour répondre au principe de
conservation de l’impulsion, devenir égale et
opposée. On obtient un effet similaire en
mesurant la position. Le mémoire EPR conclut
sur ces mots : soit la théorie quantique est fausse,
et il existe des valeurs cachées qui précisent
l’amplitude (et ainsi de suite) avant que la mesure
soit prise, soit le principe de localité (selon lequel
une chose ne peut agir à distance sur une autre
sans qu’il y ait transmission de l’une à l’autre)
doit être rejeté. Einstein concluait : « aucune
définition raisonnable de la réalité ne permet
d’envisager cela ». Pour Einstein, c’était là
l’argument massue. Des expériences ultérieures
allaient toutefois prouver qu’il avait tort.
L’EPR
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