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mécanique quantique et sa conviction selon
laquelle « Dieu ne joue pas aux dés » ont
incontestablement marqué le jeune Bohm.
L’approche spirituelle de Krishnamurti a quant
à elle renforcé, d’un point de vue philosophique, son idée de l’unicité de l’univers.
Bohm était convaincu qu’une réalité plus
profonde sous-tend l’univers et que le monde
que l’on voit autour de nous n’est qu’illusion,
une sorte de fantôme ou de projection de
cette cohérence cachée. Selon lui, la vraie
réalité ne peut être captée que par un esprit
libre, débarrassé des leurres engendrés par le
processus même de la pensée. Son interprétation était que l’univers visible – l’espace, le
temps, les particules et la mécanique quantique
– n’est que le déploiement naturel de cette
réalité profonde sous-jacente, qu’il appelait
l’ordre implicite.
Ces convictions l’ont conduit à une réinterprétation de la mécanique quantique qui plaçait
la fonction d’onde au cœur de l’univers,
fonction pouvant évoluer en vertu de
l’équation de Schrödinger, déterministe,
guidant chaque particule vers une existence
donnée. Cette approche causale et déterministe contraste avec l’explication probabiliste
de l’interprétation de Copenhague.
L’interprétation peu orthodoxe que Bohm
suggérait de la mécanique quantique n’a
jamais rallié la communauté scientifique,
mais elle ne demeure pas moins une
interprétation cohérente.
DAVID BOHM
Toute la carrière de David Bohm,
physicien théoricien, a été hantée par la
recherche d’un ordre fondamental sous-jacent
à l’univers. Cette quête a jeté le doute dans
les esprits, et notamment sur la validité de
l’interprétation de Copenhague. Elle a inspiré
ses travaux en mécanique quantique, elle est
la cause de son flirt avec le mysticisme oriental
pendant les dernières années de sa vie, et c’est
aussi elle qui l’a mené, dans les années 1930,
à une affiliation au communisme qui l’a forcé
à quitter son pays natal, les États-Unis,
et à vivre de facto en exil.
En 1949, il a refusé de témoigner devant le
Congrès contre son ancien directeur de thèse,
Robert Oppenheimer, que l’on suspectait d’être
sympathisant communiste. Bohm a été arrêté
et accusé d’outrage à magistrat. Il a été jugé
puis acquitté, mais le scandale lui a coûté son
poste à Princeton. Il est alors parti travailler au
Brésil, en 1951, puis en Israël, en 1955. Il s’est
finalement installé au Royaume-Uni en 1957, où
il est devenu professeur au Birkbeck College de
l’Université de Londres. Il a alors eu tout le
loisir de développer son interprétation de la
théorie quantique.
Deux grandes amitiés ont marqué son
parcours intellectuel : le physicien Albert
Einstein à Princeton, et le philosophe Jiddu
Krishnamurti à Londres. Chacun à sa façon,
les deux hommes ont accompagné sa quête
d’un ordre, en science et dans la société. Les
doutes permanents d’Einstein concernant la
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