LE FORÇAT DES BREVETS
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concernant les théories moléculaire et cinétique ». Planck,
Rubens, Wien, Nernst et Lorentz étaient du nombre. Ce fut
une conférence au sommet sur le quantum.
Planck et Einstein faisaient partie des huit physiciens à qui
l'on avait demandé de préparer des rapports sur un sujet
précis. Rédigés en français, allemand ou anglais, ils devaient
être envoyés aux participants avant le congrès et servir de
point de départ pour les débats des différentes séances
prévues. Planck présenterait sa théorie du rayonnement du
corps noir tandis qu'Einstein devait traiter sa théorie quantique de la chaleur spécifique. Comme on lui avait accordé
l'honneur d'intervenir en dernier, une discussion de ses
quanta de lumière n'était pas au programme.
«Je trouve toute cette entreprise extrêmement séduisante,
écrivit Einstein à Walther Nernst, et dans mon esprit il ne fait
guère de doute que vous en êtes le cœur et l'âme 87 • » En
1910, Nernst estima que l'heure était venue de s'attaquer au
quantum, en lequel il ne voyait rien de plus qu'une « règle
avec des propriétés des plus curieuses, sinon grotesques 88 »,
Nernst persuada Solvay de financer le congrès. L'industriel
belge ne regarda pas à la dépense et réquisitionna l'hôtel
Métropole. C'est dans cette ambiance luxueuse, où tous leurs
désirs étaient satisfaits, qu'Einstein et ses collègues passèrent
cinq jours à parler du quantum. Einstein n'avait certes pas
placé de grands espoirs dans ce qu'il qualifiait de «sabbat des
sorcières>>, mais il rentra à Prague déçu en se plaignant de
«n'avoir rien appris qu' [il] ne sache déjà 89 >>,
Il avait néanmoins fait avec plaisir la connaissance de
certains des autres participants au «sabbat>>, Marie Curie,
qu'il trouva «sans prétention>>, apprécia «la clarté de son
esprit, l'habileté avec laquelle il rassemblait ses données et la
profondeur de ses connaissances 90 >>. Pendant le congrès, on
annonça qu'elle avait reçu le prix Nobel de chimie. Elle était
devenue la première à en remporter deux, ayant déjà reçu le
prix Nobel de physique en 1903. Cette réussite extraordinaire
fut éclipsée par le scandale qui éclata autour de sa personne.
La presse française avait appris qu'elle avait une liaison avec
un physicien français, un homme marié. Grand et mince, la
moustache élégante, Paul Langevin était l'un des délégués du
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