RÉVOLUTIONNAIRE MALGRÉ LUI
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triomphes de la recherche théorique 63 », fut tenté par la
proposition viennoise, mais la déclina.
h était le scalpel qui fractionnait l'énergie en quanta, et
Planck avait été le premier à le brandir. Mais ce qu'il quantifia était la manière dont ses oscillateurs imaginaires
pouvaient émettre et recevoir de l'énergie. Planck ne fractionna pas l'énergie elle-même en multiples de hv. Il y a une
différence entre faire une découverte et la comprendre pleinement, surtout dans une ère de transition. Bien des initiatives de Planck n'étaient qu'implicites dans sa dérivation, et
même pas claires pour lui. Il ne quantifia jamais explicitement des oscillateurs individuels, comme il aurait dû le faire,
mais seulement des groupes d'entre eux.
Une partie du problème était que Planck crut pouvoir se
débarrasser du quantum. Ce n'est que bien plus tard qu'il
comprit l'ampleur des conséquences de ce qu'il avait réalisé.
Ses tendances conservatrices profondément enracinées l'incitèrent toutefois à essayer pendant presque une décennie à
incorporer le quantum au cadre de la physique existante. Il
savait que certains de ses collègues voyaient là quelque chose
qui frôlait la tragédie.« Mais j'en garde un souvenir différent,
écrivit-il. Aujourd'hui, je sais pertinemment que le quantum
d'action élémentaire [h] ajoué dans la physique un rôle bien
plus significatif que je n'avais tendance à le soupçonner à
l'origine 64 • »
Des années après la mort de Planck en 1947 à l'âge de
quatre-vingt-neuf ans, son collègue et ancien étudiant James
Franck se souvint d'avoir observé sa lutte désespérée «pour
éviter la théorie des quanta, [pour voir] s'il ne pourrait pas au
moins réduire son influence dans toute la mesure du
possible 65 ». Pour Franck, il était clair que Planck «était un
révolutionnaire malgré lui » qui « était finalement arrivé à la
conclusion : "Ça ne sert à rien. Nous allons être obligés de
vivre avec la théorie des quanta. Et, croyez-moi, elle se
répandra." 66 ». C'était l'épitaphe qui convenait à un révolutionnaire malgré lui.
Les physiciens furent en effet obligés de « vivre avec » le
quantum. Le premier à le faire ne fut pas l'un des distingués
collègues de Planck, mais un jeune homme qui vivait en
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triomphes de la recherche théorique 63 », fut tenté par la
proposition viennoise, mais la déclina.
h était le scalpel qui fractionnait l'énergie en quanta, et
Planck avait été le premier à le brandir. Mais ce qu'il quantifia était la manière dont ses oscillateurs imaginaires
pouvaient émettre et recevoir de l'énergie. Planck ne fractionna pas l'énergie elle-même en multiples de hv. Il y a une
différence entre faire une découverte et la comprendre pleinement, surtout dans une ère de transition. Bien des initiatives de Planck n'étaient qu'implicites dans sa dérivation, et
même pas claires pour lui. Il ne quantifia jamais explicitement des oscillateurs individuels, comme il aurait dû le faire,
mais seulement des groupes d'entre eux.
Une partie du problème était que Planck crut pouvoir se
débarrasser du quantum. Ce n'est que bien plus tard qu'il
comprit l'ampleur des conséquences de ce qu'il avait réalisé.
Ses tendances conservatrices profondément enracinées l'incitèrent toutefois à essayer pendant presque une décennie à
incorporer le quantum au cadre de la physique existante. Il
savait que certains de ses collègues voyaient là quelque chose
qui frôlait la tragédie.« Mais j'en garde un souvenir différent,
écrivit-il. Aujourd'hui, je sais pertinemment que le quantum
d'action élémentaire [h] ajoué dans la physique un rôle bien
plus significatif que je n'avais tendance à le soupçonner à
l'origine 64 • »
Des années après la mort de Planck en 1947 à l'âge de
quatre-vingt-neuf ans, son collègue et ancien étudiant James
Franck se souvint d'avoir observé sa lutte désespérée «pour
éviter la théorie des quanta, [pour voir] s'il ne pourrait pas au
moins réduire son influence dans toute la mesure du
possible 65 ». Pour Franck, il était clair que Planck «était un
révolutionnaire malgré lui » qui « était finalement arrivé à la
conclusion : "Ça ne sert à rien. Nous allons être obligés de
vivre avec la théorie des quanta. Et, croyez-moi, elle se
répandra." 66 ». C'était l'épitaphe qui convenait à un révolutionnaire malgré lui.
Les physiciens furent en effet obligés de « vivre avec » le
quantum. Le premier à le faire ne fut pas l'un des distingués
collègues de Planck, mais un jeune homme qui vivait en
