15. Le démon quantique
«J'ai réfléchi cent fois plus aux problèmes des quanta qu'à
la théorie de la relativité générale 1 ''• avoua un jour Einstein.
Le rejet par Bohr de l'existence d'une réalité objective
lorsqu'il tentait de comprendre ce que la mécanique quantique lui apprenait sur l'univers atomique était pour Einstein
l'indication claire que cette théorie contenait, au mieux, rien
qu'une partie de toute la vérité. Le Danois affirmait qu'il n'y
a pas de réalité quantique au-delà de ce que révèle une expérience, un acte d'observation. «Il est logiquement possible de
le croire sans contradiction, concéda Einstein, mais c'est tellement contraire à mon instinct scientifique que je ne puis
abandonner la recherche d'une conception plus complète 2 • »
Il continuait de « croire à la possibilité de donner un modèle
de réalité qui représentera les événements eux-mêmes et non
pas seulement la probabilité qu'ils se produisent 3 ». Finalement, il ne réussit cependant pas à réfuter l'interprétation de
Copenhague. «Il parlait de la relativité avec détachement, de
la théorie quantique avec passion, se rappela Abraham Pais,
qui avait connu Einstein à Princeton. Le quantum était son
démon 4 • »
«Je crois que je peux me risquer à dire que personne ne
comprend la mécanique quantique 5 »,déclara le célèbre Prix
Nobel américain Richard Feynman en 1965, dix ans après la
mort d'Einstein. L'interprétation de Copenhague étant aussi
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