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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
teurs. Dans les semaines qui suivirent la présentation de sa
formule, Planck découvrit à ses dépens qu'il ne pouvait la
dériver en utilisant la physique qu'il acceptait depuis longtemps comme dogme. Dans son désespoir, il se tourna vers les
idées d'un physicien autrichien, Ludwig Boltzmann, qui était
le plus éminent défenseur de l'atome. Sur le chemin menant
à sa formule du corps noir, Planck se convertit en acceptant
que les atomes soient plus qu'une fiction commode, après
avoir été pendant des années ouvertement « hostile à la
théorie atomique 56 ».
Fils d'un percepteur, Ludwig Boltzmann était petit et gros
et arborait une impressionnante barbe très XIXe siècle. Né à
Vienne le 20 février 1844, il prit un temps des leçons de piano
auprès du compositeur Anton Bruckner. Meilleur physicien
que pianiste, Boltzmann obtint son doctorat de l'université de
Vienne en 1866. Il se fit rapidement une réputation avec des
contributions fondamentales à la théorie cinétique des gaz,
ainsi dénommée parce que ses adeptes pensaient que les gaz
étaient constitués d'atomes ou de molécules en état de
mouvement continuel. Plus tard, en 1884, Boltzmann fournit
la justification théorique à la découverte par son ancien
maître, Josef Stefan, que l'énergie totale rayonnée par un
corps noir est proportionnelle à la puissance quatrième de la
température, P ou T x T x T x T. Ce qui signifiait que
doubler la température d'un corps noir augmentait d'un
facteur 16 la quantité d'énergie qu'il rayonnait.
Boltzmann était un enseignant réputé et, bien que théoricien, c'était un expérimentateur très compétent malgré sa
forte myopie. Chaque fois qu'un poste était vacant dans une
des grandes universités européennes, son nom figurait habituellement sur la liste des candidats potentiels. Ce ne fut
qu'après qu'il eut refusé la chaire de professeur laissée
vacante à l'université de Berlin par la mort de Gustav
Kirchhoff qu'une version moins prestigieuse en fut proposée
à Planck. En 1900, un Ludwig Boltzmann rompu aux déplacements se trouvait à l'université de Leipzig, universellement
reconnu comme l'un des grands théoriciens. Or nombreux
étaient ceux qui, comme Planck, trouvaient sa conception de
la thermodynamique inacceptable.
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
teurs. Dans les semaines qui suivirent la présentation de sa
formule, Planck découvrit à ses dépens qu'il ne pouvait la
dériver en utilisant la physique qu'il acceptait depuis longtemps comme dogme. Dans son désespoir, il se tourna vers les
idées d'un physicien autrichien, Ludwig Boltzmann, qui était
le plus éminent défenseur de l'atome. Sur le chemin menant
à sa formule du corps noir, Planck se convertit en acceptant
que les atomes soient plus qu'une fiction commode, après
avoir été pendant des années ouvertement « hostile à la
théorie atomique 56 ».
Fils d'un percepteur, Ludwig Boltzmann était petit et gros
et arborait une impressionnante barbe très XIXe siècle. Né à
Vienne le 20 février 1844, il prit un temps des leçons de piano
auprès du compositeur Anton Bruckner. Meilleur physicien
que pianiste, Boltzmann obtint son doctorat de l'université de
Vienne en 1866. Il se fit rapidement une réputation avec des
contributions fondamentales à la théorie cinétique des gaz,
ainsi dénommée parce que ses adeptes pensaient que les gaz
étaient constitués d'atomes ou de molécules en état de
mouvement continuel. Plus tard, en 1884, Boltzmann fournit
la justification théorique à la découverte par son ancien
maître, Josef Stefan, que l'énergie totale rayonnée par un
corps noir est proportionnelle à la puissance quatrième de la
température, P ou T x T x T x T. Ce qui signifiait que
doubler la température d'un corps noir augmentait d'un
facteur 16 la quantité d'énergie qu'il rayonnait.
Boltzmann était un enseignant réputé et, bien que théoricien, c'était un expérimentateur très compétent malgré sa
forte myopie. Chaque fois qu'un poste était vacant dans une
des grandes universités européennes, son nom figurait habituellement sur la liste des candidats potentiels. Ce ne fut
qu'après qu'il eut refusé la chaire de professeur laissée
vacante à l'université de Berlin par la mort de Gustav
Kirchhoff qu'une version moins prestigieuse en fut proposée
à Planck. En 1900, un Ludwig Boltzmann rompu aux déplacements se trouvait à l'université de Leipzig, universellement
reconnu comme l'un des grands théoriciens. Or nombreux
étaient ceux qui, comme Planck, trouvaient sa conception de
la thermodynamique inacceptable.
