EINSTEIN OUBLIE LA RELATMTÉ
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engagé à faire un autre séjour à Caltech. Bien lui en prit, car
ce fut pendant sa troisième visite à Pasadena qu'Hitler fut
nommé chancelier le 30 janvier 1933. Pour le demi-million de
Juifs allemands, l'exode commença lentement: 25 000 seulement étaient partis en juin 1933. Einstein, bien à l'abri en
Californie, ne s'exprima pas, mais se comporta comme s'il
rentrerait en Allemagne le moment venu. Il écrivit à l'Académie
des sciences prussienne pour demander des précisions au
sujet de son salaire, mais sa décision était déjà prise. «À cause
d'Hitler, écrivit-il à un ami le 27 février, je n'ose pas fouler le
sol allemand 25 • » Le jour même, le Reichstag fut incendié,
annonçant le début de la première vague de terreur nazie
cautionnée par l'État.
Au milieu de la violence déchaînée par les nazis,
17 millions d'Allemands votèrent pour eux lors des élections
au Reichstag le 5 mars 1933. Cinq jours plus tard, la veille de
son départ pour Pasadena, Einstein donna un interview et
rendit public ce qu'il pensait de la situation en Allemagne.
«Tant que j'aurai le choix en la matière, dit-il, je ne vivrai
que dans un pays où prévalent la liberté civile, la tolérance et
l'égalité de tous les citoyens devant la loi. La liberté civile
implique la liberté d'exprimer ses propres convictions politiques, dans ses paroles comme dans ses écrits ; la tolérance
implique le respect des convictions d'autrui, quelles qu'elles
puissent être. Ces conditions n'existent pas en Allemagne à
l'heure actuelle 26 • » Quand cette déclaration fut reproduite
dans la presse mondiale, les journaux allemands rivalisèrent
pour condamner Einstein et prouver leur allégeance au régime
nazi. «Bonnes Nouvelles d'Einstein: Il Ne Revient Pas! »lisaiton à la une du Berliner Lokalanzeiger. L'article fulminait contre
la manière dont «cet avorton gonflé de vanité osait s'ériger
en juge de 1 'Allemagne sans savoir ce qui se passe ici - des
faits qui doivent demeurer éternellement incompréhensibles
à un individu qui n'a jamais été allemand à nos yeux et qui
déclare lui-même être un juif et rien qu'unjuif 27 »,
Les commentaires d'Einstein plongèrent Planck dans un
dilemme. Le 19 mars, il lui écrivit pour l'informer de la
« profonde affliction » que lui causaient « toutes sortes de
rumeurs qui ont émergé en cette époque troublée et difficile
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