EINSTEIN OUBLIE LA RELATIVITÉ
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En tant que réunion de ceiVeaux, ce congrès était au
deuxième rang, pas très loin derrière le congrès 1927, avec la
présence de douze lauréats Nobel actuels ou futurs. Il fut la
toile de fond du « deuxième round » de l'affrontement
permanent entre Einstein et Bohr sur la signification de la
mécanique quantique et la nature de la réalité. Einstein était
venu à Bruxelles avec, dans ses bagages, une nouvelle expérience imaginaire conçue pour porter un coup fatal au principe d'incertitude et à l'interprétation de Copenhague. Bohr,
qui ne se doutait de rien, tomba dans le piège après l'une des
séances formelles du congrès.
Imaginez une boîte pleine de lumière, lui demanda Einstein.
Sur une de ses parois se trouve un trou muni d'un obturateur
qui peut être ouvert ou fermé par un mécanisme relié à une
horloge à l'intérieur de la boîte. Cette horloge est synchronisée
avec une autre dans le laboratoire. Pesez la boîte. Réglez
l'horloge de façon à ce qu'à un certain moment elle ouvre
l'obturateur le plus brièvement possible, mais juste assez pour
qu'un seul photon s'échappe. Nous savons maintenant avec
précision, expliqua Einstein, à quel moment le photon a quitté
la boîte. Bohr écoutait sans s'inquiéter : tout ce qu'Einstein
avait proposé semblait simple et irréfutable. Le principe
d'incertitude ne s'appliquait qu'à des couples de variables
complémentaires - la position et la quantité de mouvement, ou
l'énergie et le temps. Il n'imposait aucune limite au degré de
précision avec lequel l'une des variables de chaque couple
pouvait être mesurée. C'est alors que, avec un discret sourire,
Einstein prononça ces paroles fatales : pesez la boîte encore
une fois. En un éclair, Bohr se rendit compte que lui-même et
l'interprétation de Copenhague avaient de gros ennuis.
Pour calculer la quantité de lumière qui s'était échappée,
contenue dans un seul photon, Einstein se servit d'une
découverte remarquable qu'il avait faite lorsqu'il était encore
employé à l'Office des brevets à Berne: l'énergie est la masse,
et la masse est l'énergie. Ce stupéfiant sous-produit de ses
travaux sur la relativité fut résumé par Einstein sous la forme
de son équation la plus simple et la plus célèbre : E = mc, où
E est l'énergie, m la masse et c la vitesse de la lumière.
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