SOLVAY 1927
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permet « d'échapper à la nécessité paradoxale de conclure
que le comportement d'un électron ou d'un photon devrait
dépendre de la présence d'une fente dans le diaphragme
[S 2 ], par laquelle on pourrait prouver qu'il ne passe pas 47 ».
L'expérience à deux fentes était pour Bohr « un exemple
typique 48 » de l'apparition de phénomènes complémentaires
spus des conditions expérimentales mutuellement exclusives.
Etant donné la nature quantique de la réalité, soutenait-il, la
lumière n'était ni une particule ni une onde. Elle était les
deux ; parfois elle se comportait comme une particule, et
parfois elle se comportait comme une onde. En une occasion
donnée, la réponse de la nature à la question de savoir s'il
s'agissait d'une particule ou d'une onde dépendait totalement de la question posée - de l'expérience effectuée. Une
expérience conçue pour déterminer par quelle fente de S 2 un
photon était passé était une question qui sollicitait une
réponse «corpusculaire» et donc pas de motif d'interférence. C'était la perte d'une réalité indépendante et objective
et non les probabilités - Dieu jouant aux dés - qu'Einstein
trouvait inacceptable. La mécanique quantique ne pouvait
donc être la théorie fondamentale de la nature annoncée par
Bohr.
«Les préoccupations et les critiques d'Einstein furent pour
nous tous une précieuse incitation à réexaminer les divers
aspects de la situation en ce qui concerne la description des
phénomènes atomiques 49 », se rappela Bohr. Un point de
désaccord majeur, soulignait-il, était « la distinction entre les
objets soumis à investigation et les instruments de mesure qui
servent à définir, en termes classiques, les conditions dans
lesquelles apparaissent les phénomènes 50 ». Dans l'interprétation de Copenhague, les instruments de mesure étaient inextricablement liés à l'objet de l'observation: aucune séparation
n'est possible.
Tandis qu'un objet microphysique tel qu'un électron était
soumis aux lois de la mécanique quantique, les instruments
obéissaient aux lois de la physique classique. Bohr dut pourtant battre en retraite devant le défi d'Einstein lorsqu'il
appliqua le principe d'incertitude à un objet macroscopique,
le premier écran S 1 • Ce faisant, Bohr avait autoritairement
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