328
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
Bohr soutint que si l'écran se mouvait déjà avec une vélocité inconnue plus grande que celle due à l'interaction d'une
particule traversant la fente, il serait alors impossible de
préciser le degré de transfert de la quantité de mouvement,
et, partant, la trajectoire de la particule. D'un autre côté, s'il
était possible de contrôler et de mesurer le transfert de la
quantité de mouvement entre la particule et l'écran, le principe d'incertitude impliquait une incertitude simultanée dans
la position de l'écran et de la fente. Si précise que soit la
mesure de la quantité de mouvement verticale de l'écran, elle
était strictement appariée, selon le principe d'incertitude,
avec une imprécision correspondante dans la mesure de sa
position verticale.
Bohr soutint ensuite que l'incertitude de la position du
premier écran détruit le motif d'interférence. Par exemple, le
point D sur la plaque photographique est un point d'interférence destructive, un point sombre dans le motif d'interférence. Un déplacement vertical du premier écran produirait
un changement dans la longueur des deux trajectoires ABD
et ACD. Si les nouvelles longueurs différaient d'une demilongueur d'onde, alors il y aurait une interférence constructive et un point brillant enD.
Intégrer l'incertitude au déplacement vertical du premier
écran SI exige de « moyenner » toutes ses positions possibles.
Ce qui conduit à une interférence quelque part entre les
extrêmes de l'interférence constructive totale et de l'interférence destructive totale, aboutissant à un motif délavé sur la
plaque photographique. Contrôler le transfert de la quantité
de mouvement entre la particule et le premier écran permet
de repérer la trajectoire de la particule traversant une fente
du deuxième écran; or cela détruit le motif d'interférence,
soutenait Bohr. Il en conclut que le « contrôle du transfert de
la quantité de mouvement » suggéré par Einstein << impliquerait une latitude dans la connaissance de la position du
diaphragme [SI] qui exclurait l'apparition du phénomène
d'interférence en question 45 », Bohr n'avait pas seulement
défendu le principe d'interférence, mais aussi la conviction
que les aspects ondulatoire et corpusculaire d'un objet micro-
Précédent

- 333/537

Suivant