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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
découvrir des récurrences dans la nature ou des connexions
causales.
Ce fut Heisenberg qui, dans son mémoire sur le principe
d'incertitude, préconisa le premier noir sur blanc le rejet
d'un des dogmes centraux de la science. «Mais ce qui est
faux dans la formulation sèche de la loi de causalité, "Si
nous connaissons le présent avec précision, nous pouvons
prédire le futur", n'est pas la conclusion, mais l'hypothèse
de base. Même en principe, nous ne pouvons connaître le
présent dans tous ses détails 87 • » Ne pas connaître la position
et la vélocité initiales exactes d'un électron, par exemple,
n'autorise simplement que des probabilités d'une « plénitude de possibilités 88 » de positions et de vélocités futures à
calculer. Par conséquent, il est impossible de prédire le
résultat exact de la moindre observation ou mesure d'un
processus atomique. Seule la probabilité d'un résultat
donné parmi un éventail de possibilités peut être prédite
avec précision.
L'Univers classique édifié sur les bases posées par Newton
était un cosmos mécanique et déterministe. Même après la
reconfiguration relativiste d'Einstein, si la position exacte
d'un objet- particule ou planète- est connue à un moment
donné, alors, en principe, sa position et sa vélocité peuvent
être complètement déterminées pour toujours. Dans
l'Univers quantique, il n'y avait pas de place pour le déterminisme de l'Univers classique, où tous les phénomènes
peuvent se décrire comme le déroulement causal d'événements dans l'espace et dans le temps. «Puisque toutes les
expériences sont soumises aux lois de la mécanique quantique, et donc à l'équation ôpôq ~ h, affirmait audacieusement Heisenberg dans le dernier paragraphe de son article, il
s'ensuit ~ue la mécanique quantique établit l'échec final de la
causalité 9 • » Tout espoir de la restaurer était aussi « stérile et
absurde » que toute croyance prolongée en un univers
« réel » caché derrière ce que Heisenberg appelait « l'univers
statistique perçu 90 ». C'était une opinion partagée par Bohr,
Pauli et Born.
À Côme, deux physiciens brillaient par leur absence.
Schrôdinger était depuis quelques semaines seulement à
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