RÉVOLUTIONNAIRE MALGRÉ LUI
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En 1894, Helmholtz, âgé de soixante-treize ans, et Kundt,
qui n'avait que cinquante-cinq ans, décédèrent à quelques
mois d'intervalle. Planck, deux ans seulement après avoir été
promu au grade de professeur titulaire, se retrouva, à trentesix ans, premier physicien de la meilleure université d'Allemagne. Il n'eut d'autre choix que d'assumer le poids de responsabilités supplémentaires, notamment celle de conseiller en
physique théorique pour les Annalen der Physik. Grâce à cette
fonction, il jouissait d'une influence considérable qui lui
donnait effectivement un droit de veto sur tous les articles
théoriques soumis à la plus importante des revues de
physique allemandes. Sous la pression de sa nouvelle position
élevée et d'un sentiment de vide profond après le décès de
ses deux collègues, Planck chercha la consolation dans son
travail.
En tant que membre éminent de la petite communauté des
physiciens de Berlin, il était parfaitement au courant du
programme de recherche sur le corps noir du PTR, impulsé
par l'industrie. Bien que la thermodynamique soit essentielle
à une analyse théorique de la lumière et de la chaleur rayonnées par un corps noir, le manque de données expérimentales fiables empêchait Planck d'essayer de dériver la forme
exacte de l'équation inconnue de Kirchhoff. Puis une percée
effectuée par un vieil ami en fonction au PTR fit que Planck
ne put ignorer plus longtemps le problème du corps noir.
En février 1893, Wilhelm Wien, alors âgé de vingt-neuf ans,
découvrit une relation mathématique simple qui décrivait
l'effet d'un changement de température sur la répartition du
rayonnement du corps noir'g. Wien trouva que, à mesure
qu'augmente la température d'un corps noir, la longueur
d'onde à laquelle l'intensité du rayonnement est la plus forte
devient de plus en plus courteg 4 • On savait déjà que l'augmentation de la température entraînerait un accroissement de la
quantité totale d'énergie rayonnée, mais la «loi du déplacement » de Wien révéla quelque chose de très précis : la longueur
d'onde à laquelle la quantité maximale de rayonnement est
émise multipliée par la température du corps noir est
toujours une constante. Si la température double, alors la
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En 1894, Helmholtz, âgé de soixante-treize ans, et Kundt,
qui n'avait que cinquante-cinq ans, décédèrent à quelques
mois d'intervalle. Planck, deux ans seulement après avoir été
promu au grade de professeur titulaire, se retrouva, à trentesix ans, premier physicien de la meilleure université d'Allemagne. Il n'eut d'autre choix que d'assumer le poids de responsabilités supplémentaires, notamment celle de conseiller en
physique théorique pour les Annalen der Physik. Grâce à cette
fonction, il jouissait d'une influence considérable qui lui
donnait effectivement un droit de veto sur tous les articles
théoriques soumis à la plus importante des revues de
physique allemandes. Sous la pression de sa nouvelle position
élevée et d'un sentiment de vide profond après le décès de
ses deux collègues, Planck chercha la consolation dans son
travail.
En tant que membre éminent de la petite communauté des
physiciens de Berlin, il était parfaitement au courant du
programme de recherche sur le corps noir du PTR, impulsé
par l'industrie. Bien que la thermodynamique soit essentielle
à une analyse théorique de la lumière et de la chaleur rayonnées par un corps noir, le manque de données expérimentales fiables empêchait Planck d'essayer de dériver la forme
exacte de l'équation inconnue de Kirchhoff. Puis une percée
effectuée par un vieil ami en fonction au PTR fit que Planck
ne put ignorer plus longtemps le problème du corps noir.
En février 1893, Wilhelm Wien, alors âgé de vingt-neuf ans,
découvrit une relation mathématique simple qui décrivait
l'effet d'un changement de température sur la répartition du
rayonnement du corps noir'g. Wien trouva que, à mesure
qu'augmente la température d'un corps noir, la longueur
d'onde à laquelle l'intensité du rayonnement est la plus forte
devient de plus en plus courteg 4 • On savait déjà que l'augmentation de la température entraînerait un accroissement de la
quantité totale d'énergie rayonnée, mais la «loi du déplacement » de Wien révéla quelque chose de très précis : la longueur
d'onde à laquelle la quantité maximale de rayonnement est
émise multipliée par la température du corps noir est
toujours une constante. Si la température double, alors la
