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LE GRAND ROMAN DE lA PHYSIQUE QUANTIQUE
Debye trouva tout cela tiré par les cheveux et « plutôt
puéril 11 », La physique des ondes, n'importe lesquelles,
depuis les ondes sonores jusqu'aux ondes électromagnétiques, même les ondes se propageant sur une corde de violon,
exige une équation qui les décrive. Il n'y avait pas d'« équation d'onde» dans la présentation de Schrôdinger: de Broglie
n'avait jamais essayé d'en dériver une pour ses ondes de
matière. Einstein non plus après qu'il eut consulté la thèse du
prince français. Le jugement de Debye « semblait tout à fait
trivial et ne fit apparemment pas grande impression 12 », se
rappela Bloch cinquante ans plus tard.
Schrôdinger savait que Debye avait raison : « On ne peut pas
avoir d'ondes sans équation d'onde 13 • » n décida presque
aussitôt de trouver l'équation qui manquait aux ondes de
matière de de Broglie. En rentrant de ses vacances de Noël,
Schrôdinger fut en mesure d'annoncer lors du colloque suivant,
qui eut lieu début janvier 1926 : « Mon collègue Debye a suggéré
qu'on devrait avoir une équation d'onde; eh bien, j'en ai trouvé
une 14 ! »D'une séance à l'autre, Schrôdinger s'était emparé des
idées de de Broglie et les avait développées en une théorie
complètement aboutie de la mécanique quantique.
Schrôdinger savait exactement ce qu'il avait à faire et par
où commencer. De Broglie avait testé son idée de la dualité
onde-particule en reproduisant les orbites d'électrons autorisées dans l'atome de Bohr comme celles où seul pourrait
tenir un nombre entier d'ondes électroniques stationnaires.
Schrôdinger savait que l'insaisissable équation d'onde qu'il
cherchait devrait reproduire le modèle tridimensionnel de
l'atome d'hydrogène avec des ondes stationnaires tridimensionnelles. L'atome d'hydrogène serait le test décisif pour
l'équation d'onde qu'il lui fallait débusquer.
Peu après s'être mis en chasse, Schrôdinger crut avoir
précisément trouvé pareille équation. Lorsque toutefois il
l'appliqua à l'atome d'hydrogène, elle donna des réponses
erronées. La source de l'échec résidait dans le fait que de
Broglie avait développé et présenté la dualité onde-particule
sous l'angle de la théorie einsteinienne de la relativité
restreinte. Marchant sur les traces de de Broglie, Schrôdinger
avait commencé par chercher une équation d'onde qui soit
LE GRAND ROMAN DE lA PHYSIQUE QUANTIQUE
Debye trouva tout cela tiré par les cheveux et « plutôt
puéril 11 », La physique des ondes, n'importe lesquelles,
depuis les ondes sonores jusqu'aux ondes électromagnétiques, même les ondes se propageant sur une corde de violon,
exige une équation qui les décrive. Il n'y avait pas d'« équation d'onde» dans la présentation de Schrôdinger: de Broglie
n'avait jamais essayé d'en dériver une pour ses ondes de
matière. Einstein non plus après qu'il eut consulté la thèse du
prince français. Le jugement de Debye « semblait tout à fait
trivial et ne fit apparemment pas grande impression 12 », se
rappela Bloch cinquante ans plus tard.
Schrôdinger savait que Debye avait raison : « On ne peut pas
avoir d'ondes sans équation d'onde 13 • » n décida presque
aussitôt de trouver l'équation qui manquait aux ondes de
matière de de Broglie. En rentrant de ses vacances de Noël,
Schrôdinger fut en mesure d'annoncer lors du colloque suivant,
qui eut lieu début janvier 1926 : « Mon collègue Debye a suggéré
qu'on devrait avoir une équation d'onde; eh bien, j'en ai trouvé
une 14 ! »D'une séance à l'autre, Schrôdinger s'était emparé des
idées de de Broglie et les avait développées en une théorie
complètement aboutie de la mécanique quantique.
Schrôdinger savait exactement ce qu'il avait à faire et par
où commencer. De Broglie avait testé son idée de la dualité
onde-particule en reproduisant les orbites d'électrons autorisées dans l'atome de Bohr comme celles où seul pourrait
tenir un nombre entier d'ondes électroniques stationnaires.
Schrôdinger savait que l'insaisissable équation d'onde qu'il
cherchait devrait reproduire le modèle tridimensionnel de
l'atome d'hydrogène avec des ondes stationnaires tridimensionnelles. L'atome d'hydrogène serait le test décisif pour
l'équation d'onde qu'il lui fallait débusquer.
Peu après s'être mis en chasse, Schrôdinger crut avoir
précisément trouvé pareille équation. Lorsque toutefois il
l'appliqua à l'atome d'hydrogène, elle donna des réponses
erronées. La source de l'échec résidait dans le fait que de
Broglie avait développé et présenté la dualité onde-particule
sous l'angle de la théorie einsteinienne de la relativité
restreinte. Marchant sur les traces de de Broglie, Schrôdinger
avait commencé par chercher une équation d'onde qui soit
