« UN SURSAUT ÉROTIQUE TARDIF »
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Il s'intéressait de plus en plus activement aux tout derniers
développements en physique atomique et quantique. En
octobre 1925, il lut un article qu'Einstein avait écrit dans le
courant de l'année. Une note signalant la thèse de Louis de
Broglie sur la dualité onde-corpuscule attira son attention.
Intrigué par l'estampille d'Einstein sur ce qu'il décrivait
comme un « article notable » qui contenait « une interprétation géométrique très remarquable de la règle quantique de
Bohr-Sommerfeld», Schrôdinger entreprit d'acquérir un exemplaire de la thèse de de Broglie, sans savoir que les articles du
prince français étaient déjà disponibles depuis près de deux ans.
Deux semaines plus tard, le 3 novembre, Schrôdinger écrivit à
Einstein:« Il y a quelquesjours,j'ai lu avec le plus grand intérêt
l'ingénieuse thèse de de Broglie, que j'ai enfin pu me
procurer 9 • »
D'autres commençaient aussi a la remarquer, mais en
l'absence de toute confirmation expérimentale, peu furent
aussi réceptifs aux idées de de Broglie qu'Einstein et
Schrôdinger. À Zurich, tous les quinze jours, des physiciens
de l'université tenaient une réunion formelle avec ceux de
l'ETH pour un colloque paritaire. Pieter Debye, le professeur
de physique de l'ETH, présidait les séances ; il demanda à
Schrôdinger de faire un exposé sur les travaux de de Broglie.
Aux yeux de ses collègues, Schrôdinger était un théoricien
accompli, aux talents variés, qui avait produit des contributions solides mais peu remarquables dans une quarantaine
d'articles embrassant des domaines aussi divers que la
radioactivité, la physique statistique, la relativité générale et la
théorie des couleurs. Il y avait dans le nombre quelques articles favorablement accueillis qui démontraient sa capacité
d'absorber, d'analyser et d'organiser les travaux d'autrui.
Le 23 novembre, Felix Bloch, un étudiant de vingt et un
ans, était présent lorsque « Schrôdinger nous expliqua avec
une admirable clarté comment de Broglie associait une onde
à une particule et comment il pouvait obtenir les règles de
quantification de Niels Bohr et de Sommerfeld en exigeant
qu'un nombre entier d'ondes soit logé sur une orbite
stationnaire 10 ». En l'absence d'une confirmation expérimentale de la dualité onde-particule, qui devrait attendre 1927,
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