« UN SURSAUT ÉROTIQUE TARDIF »
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Erwin Rudolf Josef Alexander Schrôdinger naquit à Vienne
le 12 août 1887. Sa mère voulait l'appeler Wolfgang, comme
Goethe, mais elle laissa son mari honorer la mémoire d'un
frère aîné mort enfant. Rudolf, le père de Schrôdinger, était
donc l'unique héritier de l'entreprise familiale prospère qui
fabriquait du linoléum et de la toile cirée, ce qui mit fin à ses
espoirs de faire carrière dans les sciences après avoir étudié la
chimie à l'université de Vienne. Erwin savait que l'existence
confortable et sans souci dont il avait joui avant la Première
Guerre mondiale n'était possible que parce que son père avait
sacrifié ses aspirations personnelles sur l'autel du devoir.
Avant même de savoir lire et écrire, Schrôdinger faisait un
compte rendu des activités de chaque jour, qu'il dictait à un
adulte serviable. Enfant précoce, il reçut l'enseignement de
précepteurs jusqu'à l'âge de onze ans. À la rentrée 1898, il
commença à fréquenter l'Akademisches Gymnasium de
Vienne. Presque depuis son premier jour de classe jusqu'à
son départ du lycée huit ans plus tard, Schrôdinger fut un
excellent élève. Il était toujours premier de sa classe sans
paraître faire beaucoup d'efforts. Un ancien camarade
racontait que « surtout en mathématiques et en physique,
Schrôdinger avait le don de comprendre immédiatement et
directement, sans aucun travail à la maison, tout ce qui était
traité en cours et de le mettre en application 3 ». En réalité,
c'était un élève consciencieux qui travaillait dur chez lui entre
les quatre murs de son bureau personnel.
Schrôdinger, comme Einstein, avait horreur d'apprendre
par cœur et d'être forcé de retenir des faits inutiles. Il aimait
néanmoins la logique stricte sousjacente à la grammaire du
grec et du latin. Sa grand-mère maternelle étant anglaise, il
commença à apprendre la langue très tôt et la parlait presque
aussi couramment que l'allemand. Il apprit ensuite le français
et l'espagnol et était capable de donner des conférences dans
ces langues, chaque fois que l'occasion l'exigeait. Très versé
dans la littérature et la philosophie, il adorait également le
théâtre, la poésie et l'art. Schrôdinger était exactement le
genre de personne qui donnerait à Werner Heisenberg un
léger complexe d'infériorité. Quand on demanda un jour à
Paul Dirac s'iljouait d'un instrument, il répondit qu'il n'avait
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