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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
Em et En, avec m plus grand que n. Toutes les fréquences v mn
ne sont pas exactement observées. Par exemple, la mesure
de v 11 est impossible, puisque ce serait la fréquence de la raie
émise dans une transition du niveau d'énergie E 1 au niveau
d'énergie E 1 - une impossibilité physique. Par conséquent, v 11
est égal à zéro, comme toutes les fréquences potentielles
lorsque rn= n. L'ensemble v mn de toutes les fréquences différentes de zéro serait formé des rangées réellement présentes
dans le spectre d'émission d'un élément particulier.
Un autre tableau pourrait être dressé à partir du calcul des
taux de transition entre les différents niveaux d'énergie. Si la
probabilité ~n d'une transition particulière du niveau
d'énergie Em au niveau En est élevée, alors cette transition a
plus de chances de survenir qu'une autre. La raie spectrale
produite, de fréquence vmn' serait plus intense qu'une raie
correspondant à une transition moins probable. Heisenberg
comprit que les probabilités de transition anm et les
fréquences vmn pourraient, au terme de quelques adroites
manipulations théoriques, aboutir à une contrepartie quantique pour chaque grandeur observable connue dans la mécanique newtonienne, comme par exemple la position et la
quantité de mouvement.
Mais Heisenberg commença par songer aux orbites des
électrons. Il imagina un atome dans lequel un électron gravitait autour du noyau à une grande distance de celui-ci - à
l'instar de Neptune tournant autour du Soleil plutôt que
Mercure. C'était pour empêcher qu'un électron en perdition
vienne s'écraser sur le noyau en rayonnant son énergie que
Bohr avait introduit le concept d'orbites stationnaires. Toutefois, conformément à la physique classique, la fréquence orbitale d'un électron - le nombre d'orbites complètes qu'il
décrit par seconde- sur une telle orbite exagérée est égale à
la fréquence du rayonnement qu'il émet.
Ce n'était pas une hypothèse en l'air, mais une utilisation
judicieuse du principe de correspondance - la passerelle
conceptuelle voulue par Bohr entre les domaines quantique
et classique. L'orbite électronique hypothétique envisagée par
Heisenberg était si vaste qu'elle était à la frontière de ces
domaines. Ici, dans cette zone intermédiaire, la fréquence
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
Em et En, avec m plus grand que n. Toutes les fréquences v mn
ne sont pas exactement observées. Par exemple, la mesure
de v 11 est impossible, puisque ce serait la fréquence de la raie
émise dans une transition du niveau d'énergie E 1 au niveau
d'énergie E 1 - une impossibilité physique. Par conséquent, v 11
est égal à zéro, comme toutes les fréquences potentielles
lorsque rn= n. L'ensemble v mn de toutes les fréquences différentes de zéro serait formé des rangées réellement présentes
dans le spectre d'émission d'un élément particulier.
Un autre tableau pourrait être dressé à partir du calcul des
taux de transition entre les différents niveaux d'énergie. Si la
probabilité ~n d'une transition particulière du niveau
d'énergie Em au niveau En est élevée, alors cette transition a
plus de chances de survenir qu'une autre. La raie spectrale
produite, de fréquence vmn' serait plus intense qu'une raie
correspondant à une transition moins probable. Heisenberg
comprit que les probabilités de transition anm et les
fréquences vmn pourraient, au terme de quelques adroites
manipulations théoriques, aboutir à une contrepartie quantique pour chaque grandeur observable connue dans la mécanique newtonienne, comme par exemple la position et la
quantité de mouvement.
Mais Heisenberg commença par songer aux orbites des
électrons. Il imagina un atome dans lequel un électron gravitait autour du noyau à une grande distance de celui-ci - à
l'instar de Neptune tournant autour du Soleil plutôt que
Mercure. C'était pour empêcher qu'un électron en perdition
vienne s'écraser sur le noyau en rayonnant son énergie que
Bohr avait introduit le concept d'orbites stationnaires. Toutefois, conformément à la physique classique, la fréquence orbitale d'un électron - le nombre d'orbites complètes qu'il
décrit par seconde- sur une telle orbite exagérée est égale à
la fréquence du rayonnement qu'il émet.
Ce n'était pas une hypothèse en l'air, mais une utilisation
judicieuse du principe de correspondance - la passerelle
conceptuelle voulue par Bohr entre les domaines quantique
et classique. L'orbite électronique hypothétique envisagée par
Heisenberg était si vaste qu'elle était à la frontière de ces
domaines. Ici, dans cette zone intermédiaire, la fréquence
