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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
beek nourrissait quant à son avenir, un collaborateur plus
jeune que lui et manifestement talentueux aurait pu l'intimider, mais ce ne fut pas le cas. « La physique, déclara
Goudsmit vers la fin de sa vie, n'était pas une profession, mais
une vocation, comme la poésie créatrice, la composition
musicale ou la peinture 35 • » Toutefois, s'il avait choisi la
physique, c'était simplement parce qu'il avait aimé la science
et les mathématiques à l'école. Ce fut Ehrenfest qui fit naître
chez l'adolescent une authentique passion pour la physique
en lui imposant d'analyser la structure fine des spectres
atomiques et d'y rechercher un ordre. Goudsmit n'était pas
excessivement studieux, mais Ehrenfest avait remarqué qu'il
possédait un talent surprenant pour extraire un sens de
données empiriques.
Lorsque Uhlenbeck rentra à Leyde après son séjour
romain, Goudsmit passait déjà trois jours par semaine à
travailler dans le laboratoire de spectroscopie de Pieter
Zeeman à Amsterdam. « Le problème avec vous est que je ne
sais pas quoi vous demander, vous ne connaissez que les raies
spectrales 36 »,dit Ehrenfest à Goudsmit un jour qu'il désespérait de lui imposer un sujet pour un examen sans cesse
reporté. Bien qu'il craigne que le flair de Goudsmit pour la
spectroscopie ait une influence pernicieuse sur le développement général de sa personnalité de physicien, Ehrenfest lui
demanda d'enseigner à Uhlenbeck la théorie des spectres
atomiques. Après qu'Uhlenbeck fut mis au courant des
derniers développements en la matière, Ehrenfest voulut que
les deux jeunes chercheurs travaillent ensemble sur les
doublets des raies alcalines - la décomposition des raies
produite par un champ magnétique extérieur. « Il ne savait
rien; il posait toutes ces questions que je n'ai jamais
posées 37 », dit Goudsmit. Quelles qu'aient pu être ses limitations, Uhlenbeck avait une connaissance exhaustive de la
physique classique qui l'amenait à poser des questions intelligentes et à mettre Goudsmit au défi de les résoudre. Ehrenfest avait été bien inspiré de les associer, s'assurant ainsi que
chacun apprenne de l'autre.
Pendant l'été 1925, Goudsmit apprit à Uhlenbeck tout ce
qu'il savait sur les raies spectrales. Puis, un jour, ils discutè-
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
beek nourrissait quant à son avenir, un collaborateur plus
jeune que lui et manifestement talentueux aurait pu l'intimider, mais ce ne fut pas le cas. « La physique, déclara
Goudsmit vers la fin de sa vie, n'était pas une profession, mais
une vocation, comme la poésie créatrice, la composition
musicale ou la peinture 35 • » Toutefois, s'il avait choisi la
physique, c'était simplement parce qu'il avait aimé la science
et les mathématiques à l'école. Ce fut Ehrenfest qui fit naître
chez l'adolescent une authentique passion pour la physique
en lui imposant d'analyser la structure fine des spectres
atomiques et d'y rechercher un ordre. Goudsmit n'était pas
excessivement studieux, mais Ehrenfest avait remarqué qu'il
possédait un talent surprenant pour extraire un sens de
données empiriques.
Lorsque Uhlenbeck rentra à Leyde après son séjour
romain, Goudsmit passait déjà trois jours par semaine à
travailler dans le laboratoire de spectroscopie de Pieter
Zeeman à Amsterdam. « Le problème avec vous est que je ne
sais pas quoi vous demander, vous ne connaissez que les raies
spectrales 36 »,dit Ehrenfest à Goudsmit un jour qu'il désespérait de lui imposer un sujet pour un examen sans cesse
reporté. Bien qu'il craigne que le flair de Goudsmit pour la
spectroscopie ait une influence pernicieuse sur le développement général de sa personnalité de physicien, Ehrenfest lui
demanda d'enseigner à Uhlenbeck la théorie des spectres
atomiques. Après qu'Uhlenbeck fut mis au courant des
derniers développements en la matière, Ehrenfest voulut que
les deux jeunes chercheurs travaillent ensemble sur les
doublets des raies alcalines - la décomposition des raies
produite par un champ magnétique extérieur. « Il ne savait
rien; il posait toutes ces questions que je n'ai jamais
posées 37 », dit Goudsmit. Quelles qu'aient pu être ses limitations, Uhlenbeck avait une connaissance exhaustive de la
physique classique qui l'amenait à poser des questions intelligentes et à mettre Goudsmit au défi de les résoudre. Ehrenfest avait été bien inspiré de les associer, s'assurant ainsi que
chacun apprenne de l'autre.
Pendant l'été 1925, Goudsmit apprit à Uhlenbeck tout ce
qu'il savait sur les raies spectrales. Puis, un jour, ils discutè-
