7. Les docteurs du spin
«On se demande ce qu'il faut admirer le plus, la compréhension psychologique nécessaire au développement des
idées, la sûreté de la déduction mathématique, la profondeur
de l'intuition physique, l'aptitude à produire des présentations lucides et systématiques, les connaissances en littérature,
le traitement exhaustif du sujet, ou la sûreté de l'appréciation
critique 1 • » Einstein était sûrement impressionné par le
«travail abouti, d'une conception grandiose» dont il venait
de rendre compte. Il avait du mal à croire que cet article sur
la relativité - 237 pages plus 394 notes - était l'œuvre d'un
physicien de vingt et un ans qui était encore étudiant et avait
juste dix-neuf ans quand on lui avait demandé de l'écrire.
L'irascible Wolfgang Pauli, surnommé plus tard « le Courroux de Dieu», était considéré comme «un génie comparable à Einstein lui-même 2 ». «En fait, du point de vue de la
science pure, estimait son ancien patron Max Born, il se peut
qu'il ait été plus grand qu'Einstein 3 • »
Wolfgang Ernst Pauli naquit le 25 avrill900 à Vienne, capitale encore tenaillée par l'anxiété fin de siècle tout en prenant
du bon temps. Son père, qui s'appelait aussi Wolfgang, avait
d'abord été médecin, mais avait abandonné la médecine pour
la science et profité de l'occasion pour changer son patronyme de Pascheles en Pauli. La transformation fut complète
lorsqu'il se convertit au catholicisme, craignant que la marée
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