LE PRINCE DE LA DUALITÉ
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compte rendu des débats fut publié, Louis le lut avec enthousiasme et décida de devenir physicien. n avait déjà troqué ses
livres d'histoire contre des manuels de physique et obtenu sa
licence ès sciences en 1913. ll fut obligé de mettre ses projets en
suspens, car un an de service militaire l'attendait. Malgré la
demi-douzaine de maréchaux de France dont les de Broglie
pouvaient se vanter, Louis entra dans l'armée de terre comme
simple soldat, affecté au corps du Génie en garnison près de
Paris. Avec l'aide de Maurice, il fut bientôt muté au service des
Transmissions radiophoniques 10 • Tout espoir de retour à l'étude
de la physique s'évapora quand éclata la Première Guerre
mondiale. ll passa les quatre années suivantes en tant qu'ingénieur des transmissions affecté à l'émetteur radio de la tour
Eiffel.
Démobilisé en août 1919, Louis de Broglie acceptait mal
d'avoir passé six ans sous l'uniforme, entre vingt et un et vingtsept ans. Il était plus que jamais décidé à continuer dans la voie
qu'il avait choisie. Il fut aidé et encouragé par Maurice, et suivit
les recherches que son frère menait sur les rayons X et l'effet
photoélectrique dans son laboratoire bien équipé. Les deux
frères eurent de longues discussions sur l'interprétation des
expériences en cours. Maurice rappela à Louis « la valeur pédagogique des sciences expérimentales » et que « les constructions théoriques de la science n'ont aucune valeur à moins
d'être soutenues par les faits 11 ». Il écrivit une série d'articles
sur l'absorption des rayons X tout en songeant à la nature du
rayonnement électromagnétique. De Broglie admettait que la
théorie ondulatoire et la théorie corpusculaire de la lumière
soient en un certain sens toutes les deux correctes, puisque
aucune ne pouvait à elle seule expliquer à la fois la diffraction,
l'interférence et l'effet photoélectrique.
En 1922, l'année où Einstein fit une conférence à Paris sur
l'invitation de Paul Langevin et se heurta à une réception
hostile pour être resté à Berlin pendant toute la durée de la
guerre, de Broglie écrivit un article dans lequel il adoptait
explicitement « l'hypothèse des quanta de lumière ». Il avait
déjà accepté l'existence d'« atomes de lumière» à un moment
où Compton n'avait pas encore communiqué quoi que ce soit
sur ses expériences. Lorsque l'Américain publia ses résultats et
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compte rendu des débats fut publié, Louis le lut avec enthousiasme et décida de devenir physicien. n avait déjà troqué ses
livres d'histoire contre des manuels de physique et obtenu sa
licence ès sciences en 1913. ll fut obligé de mettre ses projets en
suspens, car un an de service militaire l'attendait. Malgré la
demi-douzaine de maréchaux de France dont les de Broglie
pouvaient se vanter, Louis entra dans l'armée de terre comme
simple soldat, affecté au corps du Génie en garnison près de
Paris. Avec l'aide de Maurice, il fut bientôt muté au service des
Transmissions radiophoniques 10 • Tout espoir de retour à l'étude
de la physique s'évapora quand éclata la Première Guerre
mondiale. ll passa les quatre années suivantes en tant qu'ingénieur des transmissions affecté à l'émetteur radio de la tour
Eiffel.
Démobilisé en août 1919, Louis de Broglie acceptait mal
d'avoir passé six ans sous l'uniforme, entre vingt et un et vingtsept ans. Il était plus que jamais décidé à continuer dans la voie
qu'il avait choisie. Il fut aidé et encouragé par Maurice, et suivit
les recherches que son frère menait sur les rayons X et l'effet
photoélectrique dans son laboratoire bien équipé. Les deux
frères eurent de longues discussions sur l'interprétation des
expériences en cours. Maurice rappela à Louis « la valeur pédagogique des sciences expérimentales » et que « les constructions théoriques de la science n'ont aucune valeur à moins
d'être soutenues par les faits 11 ». Il écrivit une série d'articles
sur l'absorption des rayons X tout en songeant à la nature du
rayonnement électromagnétique. De Broglie admettait que la
théorie ondulatoire et la théorie corpusculaire de la lumière
soient en un certain sens toutes les deux correctes, puisque
aucune ne pouvait à elle seule expliquer à la fois la diffraction,
l'interférence et l'effet photoélectrique.
En 1922, l'année où Einstein fit une conférence à Paris sur
l'invitation de Paul Langevin et se heurta à une réception
hostile pour être resté à Berlin pendant toute la durée de la
guerre, de Broglie écrivit un article dans lequel il adoptait
explicitement « l'hypothèse des quanta de lumière ». Il avait
déjà accepté l'existence d'« atomes de lumière» à un moment
où Compton n'avait pas encore communiqué quoi que ce soit
sur ses expériences. Lorsque l'Américain publia ses résultats et
