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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
contribua à adoucir la déception de certains membres de la
famille devant le fait qu'un de Broglie abandonne le métier des
a.fi!leS pour la science.
A l'époque, contrairement à Maurice, Louis visait une
carrière plus traditionnelle et étudiait l'histoire médiévale à
l'université de Paris. Toutefois, à vingt ans, le jeune prince
découvrit que l'étude critique des textes, sources et documents du passé ne l'intéressait guère. Son frère, se rappela
Maurice plus tard, n 'était « pas loin de perdre foi en luimême6 ». Une partie du problème était son intérêt grandissant pour la physique encouragé par les heures passées avec
Maurice dans le laboratoire de ce dernier. L'enthousiasme de
son frère aîné pour sa recherche sur les rayons X s'était révélé
contagieux. Toutefois, Louis était assailli de doutes quant à
ses capacités, doutes qui s'aggravèrent lorsqu'il échoua à un
examen de physique. Il se demanda si son destin était d'être
un raté. «Envolées la gaieté et l'exaltation de l'adolescence !
Le brillant bavardage de son enfance avait été réduit au
silence par la profondeur de ses réflexions. 7 » C'est ainsi que
Maurice se rappelait l'introverti qu'il reconnaissait à peine.
D'après son frère, Louis allait devenir «un érudit austère et
indompté, qui répugnait à quitter son domicile 8 ».
La première fois que Louis se rendit à l'étranger, ce fut à
Bruxelles en octobre 1911 9 • Il avait dix-neuf ans. Après avoir
quitté la marine, son aîné Maurice était, au fil des années,
devenu un savant très respecté, spécialiste de la physique des
rayons X. Lorsque arriva une lettre l'invitant à être l'un des
deux secrétaires scientifiques chargés de la gestion du tout
premier congrès Solvay, il accepta sans hésiter. Ce n'était certes
qu'une fonction administrative, mais l'occasion de débattre du
quantum avec des sommités comme Planck, Einstein ou
Lorentz était carrément trop belle pour être négligée. Les
Français seraient bien représentés. Curie, Poincaré, Perrin et
Langevin, son ancien directeur de thèse, seraient tous présents.
Séjournant à l'hôtel Métropole comme tous les délégués,
Louis garda ses distances. Ce n'est qu'une fois rentré à Paris et
lorsque Maurice lui rapporta les discussions sur le quantum qui
s'étaient tenues au premier étage que Louis commença à manifester un intérêt croissant pour la nouvelle physique. Lorsque le
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
contribua à adoucir la déception de certains membres de la
famille devant le fait qu'un de Broglie abandonne le métier des
a.fi!leS pour la science.
A l'époque, contrairement à Maurice, Louis visait une
carrière plus traditionnelle et étudiait l'histoire médiévale à
l'université de Paris. Toutefois, à vingt ans, le jeune prince
découvrit que l'étude critique des textes, sources et documents du passé ne l'intéressait guère. Son frère, se rappela
Maurice plus tard, n 'était « pas loin de perdre foi en luimême6 ». Une partie du problème était son intérêt grandissant pour la physique encouragé par les heures passées avec
Maurice dans le laboratoire de ce dernier. L'enthousiasme de
son frère aîné pour sa recherche sur les rayons X s'était révélé
contagieux. Toutefois, Louis était assailli de doutes quant à
ses capacités, doutes qui s'aggravèrent lorsqu'il échoua à un
examen de physique. Il se demanda si son destin était d'être
un raté. «Envolées la gaieté et l'exaltation de l'adolescence !
Le brillant bavardage de son enfance avait été réduit au
silence par la profondeur de ses réflexions. 7 » C'est ainsi que
Maurice se rappelait l'introverti qu'il reconnaissait à peine.
D'après son frère, Louis allait devenir «un érudit austère et
indompté, qui répugnait à quitter son domicile 8 ».
La première fois que Louis se rendit à l'étranger, ce fut à
Bruxelles en octobre 1911 9 • Il avait dix-neuf ans. Après avoir
quitté la marine, son aîné Maurice était, au fil des années,
devenu un savant très respecté, spécialiste de la physique des
rayons X. Lorsque arriva une lettre l'invitant à être l'un des
deux secrétaires scientifiques chargés de la gestion du tout
premier congrès Solvay, il accepta sans hésiter. Ce n'était certes
qu'une fonction administrative, mais l'occasion de débattre du
quantum avec des sommités comme Planck, Einstein ou
Lorentz était carrément trop belle pour être négligée. Les
Français seraient bien représentés. Curie, Poincaré, Perrin et
Langevin, son ancien directeur de thèse, seraient tous présents.
Séjournant à l'hôtel Métropole comme tous les délégués,
Louis garda ses distances. Ce n'est qu'une fois rentré à Paris et
lorsque Maurice lui rapporta les discussions sur le quantum qui
s'étaient tenues au premier étage que Louis commença à manifester un intérêt croissant pour la nouvelle physique. Lorsque le
