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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
voix pour déverser du mépris sur « la soudaine célébrité du
Dr Einstein 47 » et sa théorie. Un critique se distingua en décrivant la relativité comme « des absurdités vaudou >> et « la
progéniture tarée d'une colique mentale 48 >>.Soutenu par des
grands noms comme Planck et Lorentz, Einstein adopta la
seule conduite raisonnable : il ignora ses détracteurs.
En Allemagne, Einstein était déjà bien connu du grand
public lorsque le Berliner lllustrierte Zeitung consacra toute sa
première page à une photo de lui, avec la légende: «Une
nouvelle figure de l'histoire mondiale dont les recherches
signifient une remise en question totale de la nature, et sont
comparables aux intuitions de Copernic, Kepler et Newton. >>
Tout comme il refusait de se laisser éreinter par ses détracteurs, Einstein conservait un certain recul par rapport à la
perspective d'être sacré successeur de trois grands savants de
l'Histoire. « Depuis que le résultat de la déviation de la
lumière a été rendu public, il s'est créé un tel culte autour de
ma personne que j'ai l'impression d'être une idole païenne,
déplorait-il peu après que l' lllustrierte .àitung fut dans les kiosques. Mais ça aussi, si Dieu le veut, ça passera 49 • >> Il n'en fut
rien.
Une partie de la fascination du grand public pour Einstein
et ses travaux s'expliquait par le fait que le monde était
encore aux prises avec les conséquences de la Première
Guerre mondiale. L'armistice fut signé le 11 novembre 1918 à
11 heures du matin. Deux jours plus tôt, le 9 novembre, Einstein avait annulé son cours sur la relativité «pour cause de
révolution 50 >>. Plus tard, le même jour, l'empereur
Guillaume II abdiqua et s'enfuit en Hollande tandis que la
République était proclamée depuis un balcon du Reichstag.
Les problèmes économiques étaient au nombre des défis les
plus difficiles qu'affrontait la jeune République de Weimar.
L'inflation progressait déjà : les Allemands perdaient confiance
dans leur monnaie et s'affairaient à vendre des marks ou à
acheter tout ce qu'ils pouvaient avant que le cours baisse
encore.
C'était un cercle vicieux que les réparations de guerre
précipitèrent dans une spirale incontrôlée, et l'économie
s'effondra lorsque l'Allemagne ne put effectuer ses rembour-
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
voix pour déverser du mépris sur « la soudaine célébrité du
Dr Einstein 47 » et sa théorie. Un critique se distingua en décrivant la relativité comme « des absurdités vaudou >> et « la
progéniture tarée d'une colique mentale 48 >>.Soutenu par des
grands noms comme Planck et Lorentz, Einstein adopta la
seule conduite raisonnable : il ignora ses détracteurs.
En Allemagne, Einstein était déjà bien connu du grand
public lorsque le Berliner lllustrierte Zeitung consacra toute sa
première page à une photo de lui, avec la légende: «Une
nouvelle figure de l'histoire mondiale dont les recherches
signifient une remise en question totale de la nature, et sont
comparables aux intuitions de Copernic, Kepler et Newton. >>
Tout comme il refusait de se laisser éreinter par ses détracteurs, Einstein conservait un certain recul par rapport à la
perspective d'être sacré successeur de trois grands savants de
l'Histoire. « Depuis que le résultat de la déviation de la
lumière a été rendu public, il s'est créé un tel culte autour de
ma personne que j'ai l'impression d'être une idole païenne,
déplorait-il peu après que l' lllustrierte .àitung fut dans les kiosques. Mais ça aussi, si Dieu le veut, ça passera 49 • >> Il n'en fut
rien.
Une partie de la fascination du grand public pour Einstein
et ses travaux s'expliquait par le fait que le monde était
encore aux prises avec les conséquences de la Première
Guerre mondiale. L'armistice fut signé le 11 novembre 1918 à
11 heures du matin. Deux jours plus tôt, le 9 novembre, Einstein avait annulé son cours sur la relativité «pour cause de
révolution 50 >>. Plus tard, le même jour, l'empereur
Guillaume II abdiqua et s'enfuit en Hollande tandis que la
République était proclamée depuis un balcon du Reichstag.
Les problèmes économiques étaient au nombre des défis les
plus difficiles qu'affrontait la jeune République de Weimar.
L'inflation progressait déjà : les Allemands perdaient confiance
dans leur monnaie et s'affairaient à vendre des marks ou à
acheter tout ce qu'ils pouvaient avant que le cours baisse
encore.
C'était un cercle vicieux que les réparations de guerre
précipitèrent dans une spirale incontrôlée, et l'économie
s'effondra lorsque l'Allemagne ne put effectuer ses rembour-
