L'ATOME QUANTIQUE
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dégénérer l'orbite en une spirale qui finit rapidement par
précipiter l'électron sur le noyau. L'instabilité rayonnante était
un phénomène si bien connu que Bohr n'en parla même pas
dans son mémorandum. Ce qui le préoccupait vraiment, c'était
l'instabilité mécanique qui affectait l'atome de Rutherford.
Rutherford s'était contenté de supposer que les électrons
tournaient autour du noyau comme les planètes autour du
Soleil, sans aucunement envisager leur disposition. On savait
qu'un anneau d'électrons négativement chargés gravitant
autour du noyau était instable en raison des forces de répulsion
exercées par les électrons les uns sur les autres puisqu'ils ont
la même charge. Les électrons ne pouvaient pas non plus être
stationnaires :puisque les charges opposées s'attirent, les électrons négatifs seraient entraînés vers le noyau positif. Bohr
le reconnaissait dans la première phrase de son mémorandum :
«Dans un tel atome, il ne peut y avoir de figuration [sic] en
équilibre sans mouvement des électrons 11 • » Les problèmes
que lejeune Danoisdevaitsurmonters'accumulaient. Les électrons ne pouvaient pas être stationnaires, ils ne pouvaient pas
former un anneau, et ils ne pouvaient pas graviter autour du
noyau. Enfin, avec un minuscule noyau ponctuel en son centre,
le modèle de Rutherford n'offrait aucun moyen de déterminer
le rayon de l'atome.
Alors que d'autres avaient interprété ces problèmes d'instabilité comme des preuves accablantes contre le modèle nucléaire
de Rutherford, Bohr estima qu'ils signalaient des limitations
de la physique sousjacente qui prédisait son effondrement.
Son identification de la radioactivité comme phénomène
«nucléaire» et non «atomique», ses travaux novateurs sur
les radioéléments que Soddy appellerait plus tard isotopes et
sur la charge nucléaire convainquirent Bohr que l'atome de
Rutherford était effectivement stable. Bien qu'il ne puisse pas
supporter le poids de la physique classique, il ne subissait pas
l'effondrement qu'on lui prédisait. La question à laquelle
Bohr devait répondre était : pourquoi pas ?
Puisque la physique de Newton et Maxwell, impeccablement
appliquée, avait prédit que les électrons s'écraseraient sur le
noyau, Bohr admit que « la question de la stabilité doit donc
être traitée d'un point de vue différent 12 ». Il comprit qu'il
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