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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
brée par les charges négatives combinées de tous ses électrons. Le modèle de Rutherford pour l'atome d'hydrogène
devait donc consister en une charge nucléaire de plus un et
un électron unique de charge moins un. L'hélium, avec sa
charge nucléaire de plus deux, devait avoir deux électrons.
Cet accroissement de la charge nucléaire couplé au nombre
correspondant d'électrons finissait par conduire au plus lourd
élément connu alors, l'uranium, de charge nucléaire 92.
Pour Bohr, la conclusion était sans équivoque: c'était la
charge nucléaire et non le poids atomique qui déterminait la
position d'un élément à l'intérieur de la table périodique. À
partir de là, il passa facilement au concept d'isotope. Ce fut
Bohr, et non Soddy, qui reconnut que la charge nucléaire
était la propriété fondamentale qui associait des radioéléments différents - des isotopes - chimiquement identiques,
mais physiquement distincts. La table périodique pouvait
héberger tous les éléments : il suffisait qu'ils soient disposés
selon la charge nucléaire.
D'un coup, Bohr fut en mesure d'expliquer pourquoi
Hevesy n'avait pu séparer le plomb et le radium D. Si c'étaient
les électrons qui déterminaient les propriétés chimiques d'un
élément, qui décidaient s'il se combinait avec d'autres
éléments ou composés et sous quelles modalités, alors tout
couple d'éléments avec le même nombre et la même configuration d'électrons seraient des jumeaux identiques, chimiquement inséparables. Le plomb et le radium D avaient la même
charge nucléaire, 82, et donc le même nombre d'électrons,
82, ce qui avait pour résultat une« identité chimique complète».
Bohr avait déduit que le radium D était un isotope du plomb
et qu'il était donc impossible de les séparer par quelque
moyen chimique que ce soit. Tous les isotopes seraient plus
tard identifiés par le nom de l'élément dont ils étaient un
isotope plus leur poids atomique. Le radium D était le
plomb 210.
Bohr avait saisi le fait essentiel que la radioactivité était un
phénomène nucléaire et non atomique. Ce qui lui permit
d'expliquer le processus de la désintégration radioactive,
dans lequel un radioélément se transformait en un autre
avec émission d'un rayonnement alpha, bêta ou gamma en
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
brée par les charges négatives combinées de tous ses électrons. Le modèle de Rutherford pour l'atome d'hydrogène
devait donc consister en une charge nucléaire de plus un et
un électron unique de charge moins un. L'hélium, avec sa
charge nucléaire de plus deux, devait avoir deux électrons.
Cet accroissement de la charge nucléaire couplé au nombre
correspondant d'électrons finissait par conduire au plus lourd
élément connu alors, l'uranium, de charge nucléaire 92.
Pour Bohr, la conclusion était sans équivoque: c'était la
charge nucléaire et non le poids atomique qui déterminait la
position d'un élément à l'intérieur de la table périodique. À
partir de là, il passa facilement au concept d'isotope. Ce fut
Bohr, et non Soddy, qui reconnut que la charge nucléaire
était la propriété fondamentale qui associait des radioéléments différents - des isotopes - chimiquement identiques,
mais physiquement distincts. La table périodique pouvait
héberger tous les éléments : il suffisait qu'ils soient disposés
selon la charge nucléaire.
D'un coup, Bohr fut en mesure d'expliquer pourquoi
Hevesy n'avait pu séparer le plomb et le radium D. Si c'étaient
les électrons qui déterminaient les propriétés chimiques d'un
élément, qui décidaient s'il se combinait avec d'autres
éléments ou composés et sous quelles modalités, alors tout
couple d'éléments avec le même nombre et la même configuration d'électrons seraient des jumeaux identiques, chimiquement inséparables. Le plomb et le radium D avaient la même
charge nucléaire, 82, et donc le même nombre d'électrons,
82, ce qui avait pour résultat une« identité chimique complète».
Bohr avait déduit que le radium D était un isotope du plomb
et qu'il était donc impossible de les séparer par quelque
moyen chimique que ce soit. Tous les isotopes seraient plus
tard identifiés par le nom de l'élément dont ils étaient un
isotope plus leur poids atomique. Le radium D était le
plomb 210.
Bohr avait saisi le fait essentiel que la radioactivité était un
phénomène nucléaire et non atomique. Ce qui lui permit
d'expliquer le processus de la désintégration radioactive,
dans lequel un radioélément se transformait en un autre
avec émission d'un rayonnement alpha, bêta ou gamma en
